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sunjata

Diabate, Massa Makan. 1970. Janjon, et autres chants populaires du Mali. Paris: Présence Africaine.

(Sun Jata Faasa)

pp. 19–42

Une mère chante son fils

Lors des naissances, des circoncisions et des mariages, vous entendrez dans nos villages et dans nos villes ces chansons bien vieilles et toujours jeunes, car elles chantent la femme, la mère, l'orgueil du genre humain.

Les traditionalistes les attribuent à Sogolon Kutuma Konte, la mère de Sun Jata.

La nature n'avait pas épargné Sogolon. Elle l'avait accablée de bosses. Et la maternité n'était pas venue à son secours. Elle avait mis au monde un paralytique.

Un jour ce garçon qui faisait le désespoir de sa mère se dressa pour s'inscrire dans notre histoire.

Ce jour-là, en chantant son fils, Sogolon Kutuma de la famille des Konte ne chantait que la maternité, espérance de toute femme.

« Voyez la belle stature de mon fils !
De la petite graine est sorti un fromager.
Aujourd'hui femmes du Mande,
Nare Magan Konate s'est levé ! »

— Magan Konate, il va falloir que tu te lèves, dit la mère. Pour t'apprêter ton plat favori, le fonio aux feuilles de baobab, j'ai supplié toutes les voisines. Et toutes m'ont répondu : « N'as-tu pas honte, Sogolon? Tu as un fils ; dis-lui de grimper à l'arbre. »

— Mais je suis perclus, mère !

— Elles ne l'ignorent pas, Magan Ronaté, répondit Sogolon en pleurant.

— Tes larmes me sont douloureuses, mère; va dire à Sorijan Rante, le forgeron, de fabriquer une barre de fer . Je vais me lever, mère ; et à compter de ce jour, toutes les femmes de Kikoroni viendront chercher leur provision de feuilles de baobab devant ton enclos.

Et Sogolon Konte s'en alla à la forge, pleine d'espoir comme un aveugle anquel on a promis la vue.

Sorijan Kanté fit vite. Mais quand Magan Konate saisit la barre de fer, elle se courba.

— Mon espoir envolé, je n'ai d'autre recours que toi, O Dieu du ciel, gémit la mère. Je suis Sogolon de la famille des Konte. Je m'en vais donner une branche de Jonba à mon fils. Moi, Sogolon Konte, j'affirme qu'au monde, je n'ai connu d'autre homme que Nare Fatta Kegni, mon mari. Je dis que ma bouche n'a jamais proféré un mensonge. L'orphelin m'a souvent dit merci pour le secours de mon bras, et la chaleur maternelle que j'apporte à tout enfant. Et si ce n'est assez de ce serment, à ta face, O Dieu du ciel, je clame ma pureté. La vertu est récompensée, dit-on. Aussi, Dieu du Ciel, donne à mon fils la vigueur de ses jambes. Elle tendit la branche de Jonba à Magan Konate ; il la prit et se leva sans effort aucun.

« Le Bonheur est là
Chanta la mère.
Il est venu le bonheur,
Le Bonheur triomphe chez moi! »

Accroupie au sol, elle pleurait :

« Voyez la belle stature de mon fils ;
De la petite graine est sorti un fromager.
Aujourd'hui, femmes du Mande
Nare Magan Konate s'est levé. »

Elle se coucha, prise de vertige. Et elle tremblait, tant était grande sa joie:

« Notre vestibule est un vestibule de bonheur.
Un bonheur ne passe jamais
Sans entrer chez nous.
Aujourd'hui, femmes du Mande,
Nare Magan Konate s'est levé. »

C'est avec peine qu'on entendit ses paroles quand elle chanta :

« O vous coépouses jalouses !
Pour moi ce jour est faste;
Le Dieu du ciel n'a jamais rait
Un jour plus beau.
Aujourd'hui, coépouses jalouses,
Nare Magan Konate s'est levé ! »

Couchée au pied de son fils, elle vit comme en un rêve toutes les misères affrontées, les railleries et l'humiliation :

« Toi qui souffres,
Ne mets pas fin à tes jours
Pour échapper à la misère.
Pourquoi se tuer pour avoir souffert?
Sait-on jamais ce qui succède à la misère? »

« Regarde, aujourd'hui
Nare Magan Konate s'est levé. »

Elle leva les yeux sur son fils debout comme un dieu de majesté, impatient de marcher. Elle s'accrocha à ses jambes :

« Pas encore, dit-elle... Beauté de la race ! Regardez comme ma race est belle ! »

Elle lâcha prise, ferma les yeux et roula loin de Nare Magan Konate pour mieux le voir :

« Toi qui as mis
Au monde, un bel enfant,
Tu n'auras pas honte
Les jours de fête. »

Bientôt elle voulut que chacun partageât sa joie :

« Sortez
O vous femmes du Mande!
Sortez!
Un spectacle est à voir. »

Et quand l'on forma un cercle autour d'elle,

« Vous êtes venues femmes!
Mais avez-vous apporté avec vous
Un spectacle qui vaut le mien?

— Maintenant, dit-elle en montrant son fils du doigt, veux-tu marcher vers le plus grand des baobabs. Il est à Kakama dans le champ de ton père. »

Le fils de Sogolon s'avança lentement; ensuite il précipita le pas comme un guerrier qui affronte un obstacle. Et c'est avec peine que sa mère put s'attacher à ses pas :

« Champ de roseaux
Tu ne l'arrêteras pas!
Femmes du Mande,
Non, Sun Jata ne s'arrêtera qu'à la forêt. »

— Oublions notre jalousie mes soeurs, dit une femme. Sogolon Konte a souffert. Mais aujourd'hui n'a-t-elle pas montré que la vertu triomphe de la misère? Reprenons en choeur sa chanson.

Sogolon de la famille des Konte se retourna, et la fatigue, et la joie et les larmes donnaient à son visage une expression singulière. On pouvait y lire l'oubli à la recherche du pardon :

« O vous toutes !
Vous qui me suivez,
Jugez-moi par le bruit de mon pas.
Seul résonne le pas
De celui qui est suivi
o vous toutes !
Vous qui me suivez,
Suivez-moi donc.
Car le vent emporte le solitaire. »

Arrivé au baobab, Sun Jata le secoua, l'arracha et vint le jeter devant le jasa de sa mère. — Je l'avais dit, s'exclama-t-il — Désormais toutes les femmes viendront s'approvisionner auprès de toi.

« Ordure ! Ordure ! Ordure !
Tout se cache sous l'ordure
Et l'ordure sous rien.
Tout se cache sous l'ordure;
Mais pas le feu ! »

Et à l'intention des femmes éperdues d'épouvante, elle dit :

« Eau de mare
Ne te compare à l'eau de roche.
Pure est la source ! »

Ensuite elle se mit à danser.

« Battez des mains pour moi
O vous femmes !
Ne savez-vous pas combien j'ai souffert ?
Aujourd'hui femmes,
Nare Magan Konate s'est levé. »

Elle se dirigea vers son fils, massa ses jambes avant de dire :

« L'insensé s'attache à l'instant ;
Il ne voit pas l'avenir.
L'insensé est tout à l'instant ;
Il n'a aucune ouverture sur l'avenir. »

Un rire diabolique explosa de ses lèvres, elle se plut à le répandre en cascades

« La grêle va tomber,
Mettez-vous à l'abri, femmes !
Quand la grêle tombe,
On se met à l'abri.
Insensé ! ne reconnaîtrais-tu pas,
Au premier coup d'oeil,
Celui qui en force t'est supérieur ?
Aujourd'hui, femmes,
Nare Magan Konate s'est levé. »

Elle vint au baobab déposé devant son jasa et lui arracha quelques feuilles.

— Longtemps, dit-elle, j'ai fermé l'oreille aux railleries. Pour l'avoir longtemps fermée, on m'accusait d'effronterie. Mais aujourd'hui, femmes, Nare Magan Konate s'est levé.

Et montrant son fils du doigt :

« Aucun coq ne peut
Se mesurer à toi
O coq de trois ans !
Qu'aucun coq ne se' mesure à toi ! »

Epuisée, elle s'accrocha au cou de Sun Jata en le regardant dans les yeux :

« Tu es l'initié
Qui n'a pas eu peur du fer.
Ta place est dans la foule.
Tu es l'initié
Qui a affronté le fer sans ciller,
Ta place est au combat. »

Sun Jata Fasa

Les traditionalistes (1) attribuent généralement le refrain de cette chanson à Tumu Manian, une vieille griote qui aurait suivi Sun Jata en exil ; tandis que les couplets auraient été improvisés par Bala Faseke Kuyate après la victoire de Sun Jata sur Sumangurun.

Le Sun Jata Faasa est un véritable syncrétisme. Il n'oublie rien, ni personne : les aïeux de Sun Jata, leurs compagnons d'armes, les compagnons de Sun Jata et ses ennemis, l'origine du Mande, tout est évoqué.

Cette chanson, si elle est féodale, a le mérite de situer Sun Jata par rapport all passé tout en s'ouvrant sur l'avenir :

« Si d'autres t'ont devancé, si d'autres encore doivent venir après toi, tu te dois d'epuiser le champ d'action qui t'est donné » (2).

« Les gens de Soso et ceux de Mande
En sont venus aux armes.
Les larmes s'en sont allées au pays de Soso,
Les rires ont perlé au Mande... »

(1) Les traditionalistes, et pour n'en retenir que quelques-uns, Tiémoko Koné à Mourdiah, Yamourou Diabaté à Kela, Kele Monson Diabaté à Karaya (cercle de Kita) et Fadigui Sissoko à Bandoma s'accordent pour attribuer le refrain du Sun Jata à Tumu Manian, et les couplets à Bala Faseke Kuyate. Cependant Djibril T. Niane à partir d'autres sources pense que le refrain du Sun Jata a été lui aussi improvisé par Bala Faseke Kuyate, le griot de Sun Jata.

(2) Pindare, cité par M. Verret in [sic] Les Marxistes et la Religion, Editions Sociales.

Sogolon Magan, Oh fils de Sogolon !
Tu es né pour que les maîtres de la parole
Te glorifient au Mande;
Mais sache-le, Sogolon Magan
D'autres t'ont précédé au Mande
Et d'autres encore te succéderont.

Aussi rendons hommage à Sumangurun
Qui se rendit maître du Soso.
Sumangurun, le premier
Des rois de chez nous.

Prenez vos carquois, gens du Mande !
Prenez vos arcs, gens du Mande !
Sogolon J ata est né pour être roi.
Oui, gens du Mande !
Sun Jata ne pouvait qu'être roi.

Saluons donc Sumangurun
Qui se rendit maître du Soso.
Sumangurun, le premier
Des rois de chez nous.

Les gens de Soso et ceux de Mande
En sont venus aux armes.
Les larmes s'en sont allées au pays de Soso,
Les rires ont perlé au Mande.

Saluons donc Sumangurun,
Le premier des rois de chez nous.

Il a pris son arc, le grand chasseur.
Le grand chasseur a pris son arc
Pour affronter la savane.
Sogolon Magan a pris son arc !
Il a pris son arc,
Kirifiya Magan Konate a pris son arc
Pour s'en aller chasser.

Il a pris son arc, Sinbon !
Sinbon a pris son arc
Pour affronter la savane.

Il a pris son arc,
Le grand chef meneur d'hommes !
Il a pris son arc,
Le grand chasseur qui passe
Les grands fleuves !
Il a pris son arc pour affronter la savane.

Il prend le pays à son roi
Tout en chassant.
Le sable à son propriétaire,
Tout en chassant.
Il assomme les orgueilleux
Tout en chassant.

Il a pris son arc, Sinbon !
Sinbon a pris son arc
Pour affronter la savane.

Cette chanson, on l'a chantée
Pour des hommes de premier rang au Mande.

On l'a chantée pour Nyani Masa Kara
A Nyani Kurula.
Pour Sibi Ngunafaran Kamara
Et pour Tabunguafaran Kamara.
Elle a célébré Kolinkin Magasuba
Fils du grand féticheur Magasuba Dan'na
Et ils n'étaient ni sorciers ni génies...

L'ange de la mort même
A souillé sur le Mande.
Tu vois, Nare Magan Konate
Tu as été précédé.
Les hommes passent,
Les hommes se succèdent depuis toujours...

Oui, Sogolon Magan le pouvoir est une jouissance.

Kiriftya Magan Konate la jouissance est dans le pouvoir.

Tu as fait la guerre
Et le plus fort a triomphé.

Les gens de Soso et ceux de Mande
En sont venus aux armes.
Les larmes s'en sont allées au pays de Soso.
Et les rires ont perlé au Mande.

Tout le Mande a commencé
Par Damansawulenba et Wulentanba.
Sibi avait engendré Kenbu ;
Et Kenbu, Kenbu Tenin et Mulayi Tarawele.
Mais arrêtons ! s'il faut toujours s'arrêter...
Où sont-ils aujourd'hui?
Tu vois, N are Magan Konate
Tu as été précédé.

Les hommes passent, les hommes se succèdent.

Tu es le roi de l'arrière-pays
Car Tira Magan a passé le fleuve.

Oh Nare Magan Konate, le pouvoir est une jouissance.

Mais d'autres t'ont précédé
Et d'autres encore te succéderont.
L'ange de la mort même
A souillé sur le Mande...

Il est venu un homme
Du nom de Tanan Mansa Konkon.
Si le tas d'ordures se décompose toujours,
Si son odeur ne tue pas,
Elle fait vomir.
Oh Sinbon ! en toute liberté
Tout le Mande a combattu
Pour ton aïeul à Dagayala.
Mais dis-moi, Sinbon
Où sont les hommes d'autrefois?

Il est venu un homme
Du nom de Sunu Sako, Sunu Mamuru.
Un autre, et il avait nom Sogona Magasi.
Ils ont combattu pour ton aïeul à Dagayala.

Pour Julu Kara Nayini
On jouait une trompette
Taillée dans un os humain.
On jouait pour Julu Kara Nayini
Une trompette d'or.
Sinbon, où sont les hommes d'autrefois?

Au Mande naquirent Kukuba et Bantanba.
Nyani Nyani Kanba Siga naquit
Lui aussi pour le Mande.
Mais arrêtons ! s'il faut toujours s'arrêter...

Sumangurun est entré au Mande
Avec une coiffure en peau d'homme,
Un « kurusi » en peau d'homme,
Un boubou en peau d'homme.
Et tous les braves ont combattu
En toute liberté. Oh Sinbon,
Où sont-ils maintenant ?

Fakoli-à-la-gros-se-tê-te !
Fakoli-à-Ia-gran-de-bou-che .!
Il se promenait au Mande
Avec trente-trois têtes d'oiseaux
Accrochées à son bonnet.

Fakoli-à-la-gros-se-tê-te !
Fakoli-à-la-gran-de-bou-che !
Il est entré au Mande
Avec trente-trois peaux de lion.
Et il n'était ni sorcier ni génie.

O Sinbon ! où sont les hommes d'autrefois ?
Tu vois, d'autres t'ont précédé
Et d'autres te succéderont.

Il a pris son arc, le grand chasseur.
Le grand chasseur a pris son arc
Pour affronter la savane.
Sogolon Magan a pris son arc !
Il a pris son arc,
Kirifiya Magan Konate a pris son arc
Pour s'en aller chasser.

Il a pris son arc, Sinbon !
Sinbon a pris son arc
Pour affronter la savane.

Il a pris son arc,
Le grand chef meneur d'hommes !
Il a pris son arc,
Le grand chasseur qui passe
Les grands fleuves !
Il a pris son arc pour affronter la savane.

Il prend le pays à son roi
Tout en chassant.
Le sable à son propriétaire,
Tout en chassant.
Il assomme les orgueilleux,
Tout en chassant.

Il a pris son arc, Sinbon !
Sinbon a pris son arc
Pour affronter la savane.

Chants à la mémoire de Sun Jata

— Oui, retournons à la terre ! Le Mande a commencé par la culture ...

En effet, le premier village du Mande s'appelait Ki, disent les traditionalistes. C'est-à-dire le travail, travail de la terre s'entend.

Les trois Sinbon, Kanu Sinbon, Kanunyongon Sinbon et Lawali Sinbon, tous trois petits-fils de Bilal, l'esclave du Prophète, étaient venus au Mande, portant chacun une caisse, don de l'aïeul. Après avoir pris connaissance du contenu de leur fardeau, ils se querellèrent.

Kanu Sinbon, l'aîné, avait de l'or dans la sienne; Kanunyongon Sinbon, de l'écorce d'arbre et le plus jeune, Lawali Sinbon, de la terre.

Les deux cadets demandèrent le partage de l'or.

— Mettons tout en commun, dit l'aîné. Le partage nous affaiblirait.

Loin de tirer profit de ce sage conseil, Kanunyongon Sinbon et Lawali Sinbon portèrent le litige devant Kabaku, le roi d'un pays qu'on appelait l'Etrange.

— La terre vaut l'or, dit Kabaku. Et l'écorce des arbres vaut la terre. Mais le travail est supérieur aux trois réunis.

Ainsi réconciliés, les trois Sinbon fondèrent le village de Ki (travail).

Le Mande a donc commencé par le travail, le travail des champs.

Mais les hommes se succèdent depuis toujours... Il naquit pour le Mande « un chasseur forcené, un conquérant irréductible ». Il avait nom Sun Jata .

Il agrandira le Mande par la conquête, et la chasse ne sera plus une source suffisante de revenus.

Dans cette chanson Sun Jata apparaît comme le symbole de la sédentarisation nécessaire des hommes du Mande par la culture et le commerce.

— Oui, retournons à la terre — Rien ne vaut la culture. Le Mande a commencé par la culture, le Mande reviendra à la culture...

«Il cultivera celui qui
Aura choisi la culture,
Et rien que la culture.
Sun Jata n'est plus.

Il s'adonnera au commerce celui qui
Aura choisi le commerce,
Et rien que le commerce.
Suba a vécu. »

Nare Magan Konate est mort dans le pays qu'arrose le Sankarani. Là on vous dira qu'il repose à Balandugu. Les gens de Balandugu vous enverront à Duguba, et ceux de Duguba encore plus loin à Bakunku.

En vérité Sun Jata repose dans la forêt de Nora... Tous les hommes du Mande se sont groupés auprès de sa tombe. Il y avait là les trente familles horon, les quatre familles Nyamakala et la famille de ceux qui suivent les autres.

Mais qu'allons-nous faire maintenant que Suba est mort ? Qu'allons-nous faire au Mande ? Qu'allons-nous faire du Mande ?

Et tandis que chacun se posait ces graves questions, les griots en ce chant ont répondu :

« Il cultivera celui qui Aura choisi la culture, Et rien que la culture. Sun Jata n'est plus.

Il s'adonnera au commerce celui qui Aura choisi le commerce, Et rien que le commerce. Suba a vécu. »

Sun Jata repose à Nora... Et tous les vendredis, tard dans la nuit, des sons de clochette émanent de sa tombe. Et plus que les autres les griots ont pleuré : sentant la mort venir, il avait dit :

— Toute ma vie les Jeli m'ont servi de vêtements. Gens du Mande, faites qu'ils ne souffrent pas après ma mort.

Suba n'est plus, Nare Magan Konate s'en est allé...

« Etranger à l'aube,
Il était au soir le maître du pays.
Sun Jata a vécu

Jurons ! Jurons !
Mais pourquoi jurer ?
Le serment du pauvre
Peut-il valoir celui du riche ?
Suba n'est plus.

Chasseur forcené,
Conquérant irréductible
Nare Magan Konate s'en est allé.

Que le chien prenne au serIeux
L'os qui a résisté à l'hyène
Sun Jata a vécu.

La tête de l'homme
Ne ressemble pas
A celle de la femme.
Suba n'est plus.

Pour longue que soit ta route
Elle conduit toujours
En un lieu habité.
Nare Magan Konate s'en est allé.

Vieille souche ?
Guettez-la dans la nuit
Et elle vous guettera.
Sun Jata a vécu.

Chien de grenier ne connaît
Ni étranger ni autochtone.
Il ne sait que mordre.
Suba n'est plus.

Nare Magan Konate repose dans le pays
Qu'arrose le Sankarani.
Et les griots ont tant souffert...

Il cultivera celui qui
Aura choisi la culture,
Et rien que la culture.
Sun Jata n'est plus.

Il s'adonnera au commerce celui qui
Aura choisi le commerce,
Et rien que le commerce.
Suba a vécu.

Et les griots ont tant souffert... »

p. 53

(1) Suba : Autre nom de Sun Jata. Il signifie celui qui agit dans la nuit. Su (nuit) Ba est une contraction de baga (agent, instrument). Ainsi compris Suba veut dire : sorcier.

Radio Mali. 197? Mali: Epic, Historical, Political and Propaganda Songs of the Socialist Government of Modibo Keita (1960-1968). Vol. 1. Recorded at Radio Mali 1960–64. Lyrichord, LLST7325, Albatros, VPA 88326.

(Sunjata)

This is one of the most famous epic songs of the Mali tradition, in celebration of Sunjata Keita, the founder of the Mali empire during the 13th century. According to tradition the song is supposed to comprise two verses composed by Bala Faseke Kouyate, a childhood friend of Sunjata and his griot. The refrain, instead, is supposed to be the creation of another griot, Tumu Manian, who followed Sunjata when the latter was exiled from Mande by his step-brother Mansa Dankara Tuman. upon his return, Sunjata, the son of Sogolon Konte and Nare Fatta Ku Makan Kegni, after having overthrown all his enemies, founded the kingdom of Mali, the greatest in west Africa after Ghana, and which was at its greatest splendour during the reign of the emperor Kango Moussa, from 1312 to 1337. The story of Sunjata is also the national song of Mali. This performance by the griot Ba Zoumana from the province of Segou (in the Bambara language) is an example of the classical epic style of the griots of that area.

Ministère de l’information du Mali. 1971. Première anthologie de la musique malienne: 1. Le Mali des steppes et des savannes: Les Mandingues; 5. Cordes anciennes. Barenreiter Musicaphon, BM 30L 2501, 05.

(Sunjata)

This song bears the name of Sunjata Fasa, that is, Sunjata celebrated in his family tree, and compared with all those who have preceded him in the lineage of the Keita. It comprises two stanzas attributed to Bala Faseke Kouyaté, his friend from childhood and his regular griot (poet); the refrain, however, is said to have been composed by Tumu Manian, an old griote (poetess) who is said to have followed Sunjata into exile when he was chased out of Mandé by his half-brother Mansa Dankara Tuman. And it was on his return that Sunjata, son of Sogolon Konte and Nare Fatta Ku Magan Kegni, was to triumph over all his enemies in order to establish the Empire of Mali, the biggest in the West of Africa except for that of Ghana:

He has taken his bow, Sinbon!
Sinbon has taken his bow
To scour the savanna...

Sissoko, Bazoumana. 1972. Musique du Mali. Vol. 1. Bazoumana Sissoko, le vieux lion I. Barenreiter Musicaphon, BM 30L 2552.

(Sunjata)

Sunjata was the founder of the Empire of Mali in the 13th century. This song is widely known in the Malinké and Bambara countries.

Charters, Samuel, prod. 1975b. The Griots. Ministers of the Spoken Word. Folkways, FE 4178.

(Sunyetta)

"Sunyetta" was one of the great kings of the Mandingo...

Niane, Djibril Tamsir. 1975. Le Soudan Occidental au temps des grands empires XI-XVIe siècle. Paris: Présence Africaine.

(Soundjata Fassa)

p. 219

L'épopée de Soundjata est immortalisée dans le Soundjata Fassa, véritable cycle musical où tous les héros de Kirina sont évoqués ; c'est la création de Balla Fasseké, griot officiel du grand Empereur.

Suso, Foday Musa. 1978. Kora Music from Gambia. Folkways, FW 8510. Reissued in 1990. Smithsonian Folkways, 08510.

(Sunjata)

Sauta tuning.

This is the standard piece commemorating the greatness of Sunjata Keita, founder of the thirteenth century Empire of Mali.

Bird, Charles S., and Martha B. Kendall. 1980. "The Mande Hero: Text and Context." In Explorations in African Systems of Thought, ed. Ivan Karp and Charles Bird, 13-21. Bloomington: Indiana University Press. Reprinted Washington, D.C.: Smithsonian Institution Press, 1987.

(Sunjata)

p. 18

The Sunjata epic contains myriad examples of curses and countercurses effected as steps on Sunjata's way to heroic status. The first was the the result of circumstances attending his birth. Sunjata's father had two wives who became pregnant at the same time and gave birth on the same day. Sunjata was born second, but, as his name was announced first, his father proclaimed him as heir. The father's first wife became enraged and, "finding Sunjata's means," had a spell cast on him so that he could not walk for nine full years. Through the intercession of a jinn (and in some versions, a pilgrimage to Mecca), Sunjata finds the means to break the spell, makes the appropriate sacrifices, and rises. Striding out to his father's field, he rips a giant baobab from the earth, swings it atop his head, strides back to his mother's compound, and drives the tree into the earth before her house.

While he is involved in this heroic display, his mother, Sogolon Kutuma the hunch-backed sorceress, sings a long series of praise songs for her newly risen son, and in one of the songs she refers to him as "stranger":

Luntan, luntan, o! Stranger, stranger, Oh!
Sunjata kera luntan ye bi. Sunjata became a stranger today.

p. 19

Physical descriptions of heroes in tbe texts frequently elaborate their nonheroic qualities. Sunjata, for example, is portrayed as crippled and infirm until he overcomes tbe curse placed on him. Fakoli, one of his great generals, is characterized as exceptionally short, with an enormous head and a large mouth. The heroic stature of these men is nevertheless indexed in the nyama-laden objects they carry with them. In the Janjon, the Hero's Dance, these lines describe Fakoli's garb:

He entered the Mande
With skulls of birds
Three hundred three and thirty
Hanging from his helmet.
He entered the Mande
With the skulls of lions
Three hundred three and thirty9

Sunjata's great adversary, Sumanguru, receives the following awesome description in the Hero's Dance as well:

Sumanguru entered the Mande,
His helm of human skin.
Sumanguru entered the Mande,
His pants of human skin.
Sumanguru entered the Mande,
His gown of his human skin.

Knight, Roderic. 1982a. "Manding/Fula Relations as Reflected in the Manding Song Repertoire." African Music 6 (2): 37-47.

(Sunjata)

p. 39

Table One . . . includes the best known, most often heard, or otherwise significant songs in the [Gambian] repertoire. In each column the top few songs are the oldest, and the bottom few are the youngest. The majority in each case fall somewhere in between (often in the nineteenth century), but no chronological ordering beyond this is intended, since it is often not possible to date a song exactly. Most of the songs bear the name of their owner as the title. Where they do not, his name is shown in parentheses next to the title. The letter code at the right represents the person's "claim to fame" or calling in life, as shown in the bottom of the list.

Image not available.

p. 40

Table Two shows the same fifty songs again, grouped this time by the ethnic background of the people commemorated.

Image not available.

p. 44

Musa Mollo himself, as with El Hadj Omar, appears not to have his own song, except for Nya Wuleng ("Red Eyes," symbolizing bravery), which has no text. However, it is very common for the jalis in the eastern regions of The Gambia to sing about him through most of a performance of Sunjata, Kura, or Tutu Jara, since his achievements have a more immediate appeal to present day audiences. A text that is frequently sung calls him the "great bar of soap," as valuable to the people as a bar of soap is to the women washing clothes

Coolen, Michael T. 1983. "The Wolof Xalam Tradition of the Senegambia." Ethnomusicology 27 (3): 477-498.

(Sunjata / Kelé Ké la Manding ti)

p. 480

Oral tradition insists that Anoukouman Doua, a thirteenth-century griot, played the molo at the court of the father of Sunjata, the Manding ruler who established the ascendancy of the Keita clan and founded the Mali empire.

p. 489

The largest proportion of traditional songs deals with the history and exploits of major leaders and warriors, such as Sunjata, founder of the Mali empire, and Alfa Yaya, the famous Fulbé warrior. Other songs deal with lesser-known historical figures. One such song is Tutu Jara, a story involving a king named Mansa Damanson, whose wife was unable to conceive children.

p. 490

More commonly, fodets are bi-partite in structure, utilizing secondary tonal centers. The fodet for the tune Kelé Ké la Manding ti is a bi-partite fodet, using a 12-beat pattern with duple subdivision (ex. 3).

Image not available.

Jessup, Lynne. 1983. The Mandinka Balafon: An Introduction with Notation for Teaching. La Mesa, Calif.: Xylo.

(Sunjata)

pp. 122–31

Introduction

The next series of tunes all relate to the epic of Sunjata and are presented here as a unit. There are many versions of the stories, songs, and myths that surround Sunjata, ruler of the Mali Empire. It is historical fact that he did live, was exiled, and returned to defeat his enemy, Sumanguru, in 1235. During his reign, the capital city of Niani, located in the heart of the Mali Empire between the Niger and Senegal rivers, became the richest city in the Western Sudan.

The Myth of Sunjata

Several scholars, using griots/jalis as informants, have published versions of the Sunjata epic. The story contains many of the classic motifs of myths, including motifs such as the lame child as hero, tests of identification, unique vulnerability, unique deadly weapon, and transformation to elude pursuers. (Thompson 1955-1958). There are several stories with accompanying music to commemorate different events in Sunjata's life. Strangely, there are none concerning his death. The following outline is only an overview of the story. Greater detail, narrative style, and specific incidents are contained in the publications used as sources.

Sources

Innes, Gordon. Sunjata - Three Mandinka Versions

- informants: Bamba Suso, Banna Kanute, Demba Kanute*

Niane. D.T. Sundiata, An Epic of Old Mali

- informant: Jali Mamodou Kouyate

Sidibe. B.K. Sunjata

- informants: Bamba Suso, Demba Kanote, Banna Kanote*, Jabir Kuyate.

* differences in spelling - authors each speIled the informants names differently, due to the lack of a standard orthography.

Sunjata — The Story

Fatakung Makung had ruled Manding for many years. He had several wives, but his diviners advised him that he should marry a woman named Sukulung who was ugly, but who would bear a child who would become king. He followed their advice, and Sukulung became pregnant, but for seven years. During that time one of Fatakung Makung's other wives also became pregnant. Fatakung said, "If any one of my wives bears me a son, I shall give my kingship to him" (Sidibe, p. 3).

Sukulung's son was born first, but the messenger sent to tell the king did not want to disturb him while he was eating, and while the messenger was waiting, another messenger from the other wife came and announced the birth of a son who was named as the successor.

Sunjata, angered by the injustice refused to learn to walk and could only crawl. His mother was scorned by the other wives who ridiculed her and her crippled son.

When it came time for Sunjata to go to circumcision, they would not help her gather the baobab leaves needed for the ceremony' saying that it was the boy's job. Sukulung was so humiliated she returned to her hut crying, and when Sunjata asked why, she told him that because he could not walk, she had to' suffer continual abuse.

So Sunjata called for the village smiths and told them to make him crutches of metal so that he could walk to the circumcision site. These were made and brought to him, but when he attempted to stand, his strength broke them. Saying: "Call my mother; when a child falls down it is his mother that picks him up", he put his hands on his mothers shoulders and stood. (Sidibe, p. 6)

He went to the baobab tree, uprooted it, and threw it down in front of his mother's house. He ate the fruit and said to his mother, "Now you can pick the fruit." (Sidibe, p. 6) The baobab that he had uprooted was one that the soothsayers had predlcted that whoever swallowed one seed of that baobab's fruit would become the king of Manding for sixty years.

Word of Sunjata's unusual strength and deeds spread to the neighboring kingdom of Susu where Sumanguru was the ruler. His diviners predicted that Sunjata would cause his downfall. Spurred on by that prediction and his brother the heir's jealousy, Sunjata, his mother, his sister Nyakalang Juma Suko, and Manding Mori, one of his brothers, left Manding and went into exile. They travelled to several kingdoms and were gone for many years.

Fatakung died, and the brother who had inherited the throne had been overcome by the more powerful Sumanguru. Both he and his sister Kassia had fetish powers, which Sumanguru used to intimidate and kill all rivals. Kassia's lover was the spirit being Manga Yura, who invented the balafon. He gave his balafon to Sumanguru but said he must play it himself, rather than have a griot sing his praises.

Kassia had a child by Manga Yura, and called him Faa Koli. This son was half human and half spirlt being. He grew up in Sumanguru's compound, and when he became of marriageable age he married s beautiful woman named Keleya. Sumanguru began to covet her, and finalIy told Faa Koli that he was not man enough to be her busband and abducted her. Faa Koli swore to get revenge and left for Manding where he asked for help in avenging his wife's imprisonment. It was decided by the elders to send for Sunjata to fight to regain the kingdom.

Famous generals and warriors were also summoned until a great body of men were gathered to fight. One of Sunjata's griots, Nyankuma Dookha, was sent to inform Sumanguru that Sunjata had entered Manding. While he was in Sumanguru's palace, Nyankuma saw the balafon hanging inside a room and could not resist taking it down and playing it. When Sumanguru heard someone else pIaying his balafon, he insisted that Nyankuma stay and become his own griot. He cut his Achilles' tendon so that he could not leave. Then he renamed him Bala Fasigi Kuyate. (Bala - balafon, Fasigi - Achilles' tendon, Kuyate - surname). When the people of Manding heard what had happened to the griot, they became even more enraged.

Among the generals who came to fight with Sunjata were Kuma Fofana, Surubanda Makang Kamara, Sankarang Madiba Konteh, Faa Koli, Sora Musa and Tiramakang. They fought many battles, but by using his fetish powers Sumanguru managed to win each time.

Finally, Sunjata's sister Nyakalang decided to use her beauty to see if she could find out the secret of Sumanguru's power. She left Sunjata's camp and went to the fortified town of Kankinyang where Sumanguru was staying. When he saw her, he was attracted by her great beauty snd invited her to his house. She told him she was tired of the fighting and had advised Sunjata to give up, but since he had ignored her advice, she had come to Sumanguru to marry him.

He desired her very much, but Nyskalang reminded him that before freeborn people form an intimate relationship with each other, they must tell each other of their taboos; what could strengthen them or weaken them.

At this point, Sumanguru's mother, who was sitting in a corner of the room, warned Sumanguru: "Don't tell your secrets to a one-night woman."

Sumanguru however, gave his mother some palm wine, and she fell asleep, whereupon he told his secrets to Nyakalang.

His power was a jinn who lived under the hill the town was built on. If it was killed, Sumanguru's power would end. So nyankalang asked how the jinn could be killed. He replied that the spur of a white cock with coos Ieaves and korte powder put on the tip of an arrow and shot into the hill would kill the jinn. At that point Sumanguru would turn into a whirlwind, but if attacked, he would turn into a palm tree, If anyone tried to fell the tree he would become an anthill, and if that was scattered, he would turn into a bird.

Once Nyankalang found out his secrets she excused herself on the pretense of going to take a bath, instead she climbed the wall of the wash place and went back to Sunjata's camp where she told all she had found out.

So the magic arrow was prepared, and Sankarang Konte rode to Kankinyang and shot it into the hill, killing the jinn and destroying Sumanguru's fetish power. The next morning the Manding army marched on Kankinyang and proceeded to destroy it. A great whirlwind rose up, and Nyakalang, knowing it was Sumanguru, sent soldiers to rush it, however he turned into a palm tree so they tried to cut it down, but he changed into an anthill; just as they were ready to smash it, they saw a bird fly off into the bush.

So Sunjata took over the kingship of Manding and ruled for many years.

Donkilo

(on teaching tape)

Iye bara kala ta
Suku lum ba bara kala ta
Kai iya la la

(from: Knight, 1973)

A bara kala ta le, Jata He has taken his staff, Jata
A bara kala ta le, Simbon He has taken his staff, Great Hunter

Kelo Le Ye Manding Lo

pp. 138-39

Donkilo

(on teaching tape)

Kelo le ye mandi te It was the war that broke Manding
Kelo le ye mandi lo It was the war that built Manding

(from: Knight, 1973 2:5)

Kelo le ye mandin lo It was the war that built Manding
Kelo le ye mandin le It was the war that broke Manding
Jali kuma le ye Mandin lo, It was jali words that build Manding,
Jali kuma le ye Mandin te And jali words conquered Manding (again).

pp. 146-59 (Appendix 2: Balafon Repertoire)

Title Kelo Le Ye Manding Lo
Translation: War built Manding
Dedication:
Notes: part of the Sunjata epic
Calling in Life:
Original Instrument: Balafon, Kora
Region of Origin: Tilibo
Date of Origin: M (19th & 20th c. up to WWII)
Sources: 1, 5 (Jessup & Sanyang, M. Suso)

Kura

Nyaama, Nyaama, Nyaama

pp. 132-33

Donkilo

(on teaching tape)

Nyaama, nyaama, nyaama, Grass, grass, grass,
Feng ne be dungna nyaama kono Something can enter grass,
Nyaa te dungna feng feng kono The eye cannot enter anything.

(from: Knight, 1973 2:5)

Nyama, nyama, nyama Grass, grass, grass
Fen ne be dunna nyama le koro Something may enter the grass (to hide),
Nyama te dunna fen fen koro (but) the grass does not go down under anything

Related information

Nyaama means grass. The imagery refers to the Keita family of Sunjata's lineage, who would not lower themselves below anyone. The basis of the imagery is unknown.

pp. 146-59 (Appendix 2: Balafon Repertoire)

Title Nyaama, Nyaama, Nyaama
Translation: Grass, grass, grass
Dedication: Sunjata
Notes:
Calling in Life: king or leader
Original Instrument: Balafon
Region of Origin: Tilibo
Date of Origin: E (13th & 14th c.)
Sources: 1 (Jessup & Sanyang)

Sunjata Mang Bori Long

pp. 136-37

Donkilo (on teaching tape)

Sunjata mang bori long, Sunjata knows not running,
Sumanguru, Sumanguru.

pp. 146-59 (Appendix 2: Balafon Repertoire)

Title Sunjata Mang Bori Long
Translation: Sunjata knows not running
Dedication: Sunjata
Notes:
Calling in Life: king or leader
Original Instrument: Balafon
Region of Origin: Tilibo
Date of Origin: E (13th & 24th c.)
Sources: 3 (R. Knight 1973)

Sunjata Naata, Sumanguru Kante

pp. 134-35

Donkilo (on teaching tape)

Sunjata naata, Sunjata comes,
Sumanguru, kante Sumanguru, watch out.

pp. 146-59 (Appendix 2: Balafon Repertoire)

Title Sunjata Naata, Sumanguru Kante
Translation: Sunjata is coming Sumanguru
Dedication: Sunjata
Notes:
Calling in Life: king or leader
Original Instrument: Balafon, Kora
Region of Origin: Tilibo
Date of Origin: E (13th & 24th c.)
Sources: 1, 5 (Jessup & Sanyang, M. Suso)

Haydon, Geoffrey, and Dennis Marks, dirs. 1984. Repercussions: A Celebration of African American Music. Program 1. Born Musicians: Traditional Music from The Gambia. Chicago: Home Vision.

(Sunjata)

The balo and the kora; the piece is Sunjata, one of the oldest in the Mandinka repertoire and still one of the most popular.* It was composed for Sunjata, the most famous of the Manding emperors. . . .

. . . [When] Sunjata found the first musician, Balafa Seexu Kuyaate, his instrument had only three keys. He found him sitting in a baobab tree. The baobab tree had a huge hollow and that's where Sunjata found the musician.

* Transcription mine. Orthography based on Jatta (1985).

Knight, Roderic. 1984. "The Style of Mandinka Music: A Study in Extracting Theory from Practice." In Selected Reports in Ethnomusicology, vol. 5, Studies in African Music, ed. J. H. Kwabena Nketia and Jacqueline Cogdell Djedje, 3-66. Los Angeles: Program in Ethnomusicology, Department of Music, University of California.

(Sunjata)

p. 8

Another major theme in the donkolo texts is bravery, usually in the form of prowess in battle. The oldest song on this subject is "Duga", . . . This "solemn Vulture's Tune" is mentioned in the story of Sunjata.

Jatta, Sidia. 1985. "Born Musicians: Traditional Music from The Gambia." In Repercussions: A Celebration of African-American Music, ed. Geoffrey Haydon and Dennis Marks, 14-29.

(Sunjata)

p. 23

The Mandinka repertoire consists of some pieces with date back to the twelfth century, the time of the ancient Mali Empire under the reign of Sunjata, the most famous of the Manding emperors. One such piece is Sunjata, so called because it was composed for the emperor.

The repertoire also contains contemporary pieces. These are either new compositions or modified and developed versions of old ones. As far as I know, at least two new versions of the Sunjata piece have been developed: one by the Sidiiki school and one by the Bantuuru school.

p. 24

New versions have also been developed to accompany new ways of playing the pieces. For example, the two new instrumental versions of the Sunjata piece have corresponding new versions of the epic song. Furthermore, there is the practice of changing the words of a song and substituting new ones to conform to the occasion. When the Sunjata piece is played for a patron, for instance, the singers replace Sunjata's praise-names with those of the patron in question. Thus, although the same pieces are played for different patrons, the song content varies.

Sadji, Abdoulaye. 1985. Ce que dit la musiqe Africaine.... Paris: Présence Africaine.

(Soundiata)

pp. 11-38

Sur ces Empires noirs d'autrefois que l'Histoire connaît imparfaitement : Empire du Mali, de Songhay, de Ghana et de Tekrour, les peuples soudanais entretiennent des légendes qu'ils ne dévoilent pas sans une certaine frayeur.

Il semble qu'un fils du Manding ne saurait parler impunément de Soundiata-Keita s'il n'éprouvait au préalable un certain bonheur, une certaine joie, une exubérance manifeste.

Pour me faire compter l'histoire de l'ancêtre des Mandings, j'ai dû tour à tour me faire libéral, persuasif. Car le diali redoutait la colère de certaines divinités très vagues. Que faire pour le décider ?

A la fin il me promit de parler de Soundiata, mais à une seule condition: c'est que je fisse mon possible pour qu'il fût réellement heureux ce jour-là.

Etait-il sincère, mon diali ?

Les jours succédèrent aux jours et, en attendant le moment de grâce, il me parla d'autres héros partis de rien et qui ont su, par leur audace, s'imposer à leurs peuples.

Un jour il me dit :

— Demain, je vous parlerai de Soundiata. Préparez tout ce que vous pourrez pour que je sois content demain.

Et le lendemain, il accorda son instrument avec plus de soin et se mit à jouer pendant longtemps sans parler, comme pour écouter un interprète mystérieux de la gloire du grand Manding. Puis tout à coup, il parla solennellement.

Le monde a commencé à Ouagadou. C'est là qu'on place le début de tous les événements de la terre.

Le monde sortait nouvellement du chaos, les pesantes ténèbres de la pré-vie, les vapeurs et la nuit qui enveloppaient l'univers, tout venait d'être dissipé. Et Ouagadou, un point ignoré de beaucoup d'hommes, là-bas en Afrique Occidentale, était le théâtre de la première réunion des créatures de Dieu.

Ouagadou sanctuaire des peuples ?

Le commencement de toute chose s'y révéla, me dit le diali. Les hommes, les animaux et les plantes y reçurent leur destinée. C'est là qu'on fit le partage des terres que n'occupaient que les eaux. Alors tous les vivants se quittèrent et par groupes s'en allèrent vers la terre promise. Mais ils se rencontrèrent de nouveau au Manding où régna la plus complète anarchie. Les plus forts fondaient sur les faibles, car nul ne commandait aux hommes, en ce temps-là.

Or, Narman-Diata se leva pour parler à tous les peuples. Il dit :

— Les hommes ne sauraient vivre sur la terre sans qu'il y ait un chef. Je veux devenir le chef du Manding. L'acceptez-vous ?

Tous répondirent :

— C'est vrai, Ko-naté.

Ko-naté signifie « nul ne te hait ». C'est à cet instant que Narman-Diata prit le nom de Konaté, qui devint son nom de famille.

Il commença son règne sur le Manding, avec pour chancelier et ministre, le grand chasseur Tiramakan. Tiramakan fut le premier chasseur de la terre. Il est l'ancêtre de ceux qui sont nés ennemis des biches, des antilopes, des lions et des tigres. Il est l'ancêtre des vrais chasseurs, dont la balle atteint toujours son but.

Tiramakan chassait non seulement le gibier à poils et à plumes (le gibier visible qui creuse des trous ou court dans les fourrés), mais il chassait un autre gibier invisible et dangereux, celui des djinns, des sorciers, des esprits malfaisants qui reviennent sur la terre pour faire du tort aux hommes. Il avait des sachets remplis de poudre mystérieuse et sa bouche était pleine d'incantations terribles.

Tiramakan chassait non seulement avec le fusil et l'arc, mais aussi avec le couteau, la pierre, les oeufs, la salive, avec son regard et ses propres excréments.

Or, il y avait à Sankaran une femme qui était une grande sorcière. Elle se transformait généralement en buffle. Et tous les hôtes du village, elle les emmenait dans la forêt, se battait avec eux, les tuait et les mangeait.ment.

Le buffle semait la terreur sur tout Sankaran.

Les citoyens du village mandèrent un des leurs auprès de Narman-Diata-Konaté en disant :

— Nous avons appris que tu as le plus fameux chasseur de la terre. Qu'il vienne donc nous débarrasser du buffle qui mange tous nos hôtes.

Tiramakan partit pour Sankaran, emportant avec lui un arc et des flèches, un fusil, puis un charbon, une pierre et un oeuf. Il alla droit chez le chef de Sankaran.

— Ah ! tu es venu ! lui dit ce dernier.

— Oui, répondit Tiramakan.

— Voilà dans la forêt, dit le chef de Sankaran, la case de la grande sorcière qui mange tous les étrangers, hôtes de ce village.

Or, cette sorcière était l'ancêtre de tous les sorciers depuis les événements de Ouagadou. C'est pourquoi elle était si puissante.

Tiramakan quitta le village et devint l'hôte de la vieille sorcière.

Elle reçut le chasseur on ne peut plus gentiment, car elle l'avait vu venir de très loin et avait tout préparé pour le recevoir. L'intelligence d'un sorcier est immense et son oeil profond. Cet oeil ne tient nul compte de la nature extérieure qui développe partout des obstacles. Cette intelligence connaît les moindres mobiles des hommes et égale en maintes situations celle de Dieu. A plus forte raison quand il s'agit de la première sorcière que la terre eût vue, on peut penser que la création l'avait dotée d'une puissance en tout supérieure à celle de ses descendants, les sorciers de maintenant, qui arrivent souvent, par faiblesse, à trahir leur espèce. Les sorciers de maintenant trahissent leur espèce, car les hommes sont arrivés à leur faire avaler des breuvages qui les font parler.

Le lendemain, Tiramakan dit à la vieille sorcière :

— Maintenant je veux m'en retourner au Manding. Et il la quitta effectivement.

La vieille sorcière était sournoise. Elle avait vu venir Tiramakan de très loin et malgré la belle réception qu'elle lui avait réservée, elle connaissait bien le but de son voyage.

Tiramakan quitta la vieille sorcière et s'enfonça de nouveau dans la forêt. Au milieu de la forêt, il vit tout à coup un buffle qui l'attendait. Ille reconnut aussitôt: c'était la vieille sorcière. Le buffle lui dit :

— Tiramakan, prépare-toi, car je vais te combattre.

Et sans plus attendre, il bondit sur lui. Le buffle bondit avec fracas, comme s'il écrasait la terre entière sous lui. Tiramakan lança contre cet adversaire de taille une première balle qui se changea en eau. Son coeur bondit alors, dans un petit désespoir vite dissipé. Et le buffle ricana fort gaiement :

— Hé ! hé ! hé ! ah ! ah ! ah ! J'arrive, Tiramakan.

Tiramakan lança le charbon qui se changea en une mer de feu entre lui et le buffle. Le buffle cracha sur le feu qui s'éteignit. Et le feu, en s'éteignant, rapprocha davantage les deux adversaires. Tiramakan tira de nouveau. Et la seconde balle, comme la première, se changea en eau.

— Hé ! hé ! hé ! ah ! ah ! ah ! duel ridicule, inégal !

Tiramakan jeta la pierre entre lui et le buffle. La pierre devint une montagne très haute. Le buffle tourna son derrière contre la montagne et la fit éclater en y envoyant une vesse formidable. Puis il fondit de nouveau sur Tiramakan. Celui-ci lui envoya une troisième balle, qui ainsi que les deux autres se changea en eau. Il lança ensuite l'oeuf qui forma entre eux un océan très vaste. Mais le buffle se pencha et but la mer d'un seul trait. C'est alors que Tiramakan fit un excrément très chaud avec lequel il chargea son fusil. Et il tira sur le buffle qui fut atteint à la poitrine et tomba.

— Hé ! hé ! hé ! ah ! ah ! ah !

La forêt, dérangée par l'immense bruit de cette lutte, reprit peu à peu son silence profond ; mais les montagnes s'envoyèrent longtemps, après le combat, les échos de la gaîté du buffle et la sourde terreur de Tiramakan.

Alors Tiramakan dit :

— Dougou tiguini blé, blé fan kanta Ya ani moni (le chef d'une ville peut commander impérieusement à ses sujets, mais le sujet est dans sa maison et regrette). Ayant dit, il saisit un couteau et se mit à tailler profondément dans le corps du buffle. Il lui coupa la queue et les oreilles et mit tout cela dans son sikara. Puis il reprit le chemin de Sankaran. Il alla trouver le chef du village et lui présenta la queue et les oreilles du buffle en disant :

— Voici la queue et les oreilles de celle qui mangeait les hommes dans la forêt.

Le chef du village fit battre le tabala d'allégresse et tous les notables de Sankaran suspendirent leurs travaux ou leurs pensées pour gagner la place des réunions. Le chef leur montra la queue et les oreilles du buffle. Et désignant simplement Tiramakan du doigt, il dit :

— Voici celui qui l'a tué.

On fit venir une jeune fille vierge, une femme libre et une femme mariée. Tiramakan devait choisir parmi les trois. On lui dit :

— Maintenant, choisis parmi elles la femme que tu voudras, car tu viens de faire ce qu'aucun mortel n'était capable de faire.

Il choisit non parmi les trois qu'on lui présentait, mais parmi toutes celles de Sankaran. Il choisit une nommée Sogolon-Koudouma. Puis il fut autorisé à l'emmener au Manding.

Tiramakan refit le même chemin pour retourner au Manding, ayant tué l'ancêtre des sorciers qui existait depuis les événements de Ouagadou.

Il fit présent de la femme qu'il avait choisie à NarmanDiata, maître des terres et de tout ce qui y vivait. Il dit à Narman-Diata :

— Prends cette femme, je te la donne. Tu en feras ton épouse.

Narman-Diata épousa la femme qui avait nom Sogolon-Koudouma.

Sogolon-Koudouma fut enceinte. Sa gestation dura neuf ans. Or tout le pays interpréta mal ce signe. On disait :

— Qu'est-ce que Tiramakan nous a ramené de Sankaran ? A-t-on jamais vu grossesse qui dure neuf ans ?

Chacun croyait que Sogolon-Koudouma était atteinte du mal terrible. Un jour où elle causait assez bruyamment avec une aj.ltre femme du roi, celle-ci lui dit avec malice :

— Tu ne pourras jamais nous faire croire que tu portes un enfant dans ton sein. Dis seulement que tu es malade pour qu'on te guérisse vite.

Or l'enfant, dans le ventre de sa mère, avait entendu ces propos. Il dit tout à coup:

— Mère, entre dans ta case et mets-moi au monde, car mon temps est révolu.

C'était la neuvième année de la grossesse de Sogolon-Koudouma.

La mère obéit et mit au monde un enfant du sexe fort. On manda un esclave auprès de Narman-Diata-Konaté pour lui dire que sa dernière femme avait donné un enfant du sexe fort. Et Narman-Diata-Konaté congédia l'esclave en disant :

— Va et dis-leur que je donne à l'enfant le nom de Soundiata (soun : surprise, diata : lion).

Mais l'enfant refusa le sein de sa mère. Pendant huit mois, il demeura sur place sans pouvoir se lever ni se traîner. Il était paralytique.

Un autre jour, l'une des femmes de Narman dit à Sogolon-Koudouma :

Ah, je savais bien que tu mettrais au monde un empoté, un être incapable de bouger.

Soundiata, l'ayant entendue, fit venir sa mère et lui dit :

— Va et dis à mon père de réunir tous les forgerons du Manding, qu'il leur dise de me fondre une lance très solide afin que je m'appuie dessus pour me lever.

La lance fut faite, et il fallut quinze hommes choisis parmi les guerriers pour la porter auprès du jeune Soundiata.

A cette époque, il n'y avait sur la terre ni coras, ni guitares, ni violons. Un petit arc qu'on faisait vibrer entre les dents—une espèce de monocorde—était seul connu.

On porta la lance au jeune Soundiata qui s'y appuya et se tint debout. Son premier acte fut de monter à cheval et d'aller rendre visite à son père.

Le lendemain ce dernier mourut.

A la mort de Narman-Diata-Konaté, tout le Manding fut rassemblé. On lui rendit les honneurs dus à sa puissance et à son règne. On évoqua les événements de Ouagadou, le courage et la force de caractère du défunt lorsqu'il s'était levé le jour du partage des terres disponibles pour demander le commandement des hommes. Quelques anciens se doutaient déjà que peut-être nul ne pourrait plus égaler Narman-Diata en puissance et en sagesse.

Mais Soundiata se leva avant que leurs pensées eussent pris forme. Il s'adressa au peuple en disant :

— Vous qui abreuvez la terre de vos larmes abondantes, tournez vos regards vers moi et recueillez-vous un moment, puis écoutez ensuite mes paroles. Car je vous le dis en vérité, ceux qui ne peuvent pas vivre sous le règne d'un roi autre que mon père, n'ont qu'à se montrer: je les exterminerai sur l'heure et leurs corps iront là où va celui de Narman-Diata-Konaté, mon père.

Mais le pays entier se déclara favorable, disant :

— Keita, hérite ! Deviens roi !

C'est depuis ce moment que le nom de Keita fut connu des hommes. Et Soundiata s'appela désormais: Soundiata-Keita.

La naissance des choses a commencé depuis les événements de Ouagadou ; elle s'est continuée sous NarmanDiata-Konaté et après lui sous Soundiata-Keita. Mais elle ne s'est pas poursuivie après Soundiata.

Lorsque Soundiata mourut, toutes les choses sur la terre étaient définitivement créées, et toutes avaient chacune sa destination.

En un seul jour, aidé de son ami Balafacé-Kouyaté, Soundiata-Keita se rendit maître de toute la terre. Car partout, quand ils le voyaient, les peuples se disaient entre eux :

— C'est le fils de Narman-Diata-Konaté, celui qui s'est levé pour commander aux hommes lors des événements de Ouagadou. Et il ressemble à son père par la tête et par le caractère.

Un jour, en se promenant avec son ami le long d'une rivière, le son de la cora: parvint à l'oreille humaine. Car, jadis l'homme ne connaissait pas la cora. Il n'y avait sur la terre ni coras, ni guitares, ni violons. La cora fut à l'origine la propriété du djinné (diable). L'homme était semblable à une larve et aucun instrument ne lui permettait d'élever son âme et de conserver par la musique la gloire des héros.

Or les sons de la première cora parvinrent aux oreilles de Soundiata et de son ami, combinés par les doigts invisibles d'un djinné qui habitait dans la rivière.

Soundiata dit à son ami de l'attendre. Puis il entra dans la rivière et livra bataille au djinné pour lui enlever la cora. De leur lutte tumultueuse naquirent les vagues grandes ou petites qui froncent la surface tranquille des eaux. Soundiata sortit vainqueur du combat, rapportant la cora enlevée au djinné, et qui devait être la première de la terre.

De retour à la maison, son ami Balafacé-Kouyaté l'interrogea :

— Pourras-tu jouer de cet instrument ?

Soundiata répondit :

— Attends, je vais jouer.

Et il se mit à jouer son premier air de gloire qu'on peut traduire ainsi :

Moi, Soundiata, je suis venu dans Souma-Woro L'Homme connaît les yeux de l'homme.

Puis son ami lui demanda la cora et se mit à jouer le même air. Alors Soundiata ferma les yeux, remua doucement la tête et dit :

— Ah ! ah ! Il est plus doux d'entendre la musique par la main d'un autre que par sa propre main.

Et désormais il ne toucha plus à la cora. Son ami eut la charge de jouer partout pour ·lui. C'est depuis ce moment qu'il y a des griots pour crier à vos oreilles, les jours de combat, afin de fouetter le sang noble des héros vivants.

Balafacé-Kouyaté est donc l'ancêtre des griots, comme Tiramakan fut celui des chasseurs à arc et à flèches et des arquebusiers.

Soundiata fit venir Tam-Diara-Fodé, ancêtre de ceux qui portent le nom de Camara. Il fit venir FakolyKoumba, ancêtre de ceux qui portent le nom de Sissoko ou Guèye. Il fit venir Manka-Dandouma, ancêtre de ceux qui s'appellent Gassama ou Diabi. Il fit venir Tiramakan, ancêtre des chasseurs et de ceux qui s'appellent Travelé (Traoré) ou Diop. Il vit venir Moulaï-Bakary, ancêtre de ceux qui s'appellent Courbaly ou Fall. Il fit venir MangaFifra, qu'on surnommait le Roi Suprême parce qu'il était à l'origine de la noblesse du pays. Il fit venir tous les grands du pays et leur dit :

— J'ai hérité de mon père. ah !

On lui répondit :

— C'est vrai, mais avant d'être roi, regarde, il y a non loin du village un baobab. Ton père n'a pas pu le faire tomber. Ton grand-père n'a pas pu le faire tomber. Si tu le fais tomber, toi, tu seras roi du Manding aux yeux de tous.

Or, ce baobab, chaque fois qu'on l'abattait, se relevait de lui-même aussitôt et recommençait à vivre.

Soundiata leur dit :

— Je ne vous promettrai pas de le faire tomber demain ou après-demain. Allons tout de suite vers le baobab, que je le fasse tomber devant vous.

Puis il demanda à qui appartenait le baobab. TamDiara- Fodé se leva et répondit:sclave.

— C'est à moi qu'appartient ce baobab. En lui vit l'âme de mes aïeux qui furent anciens parmi les anciens du Manding. Et nul ne pourra faire tomber ce baobab. Il a été créé par le génie puissant pour régner sur la terre.

Soundiata s'adressa avec impatience à Tam-Diara-Fodé en disant:

— Et maintenant, va donc te mettre au pied du baobab.

Ses yeux étincelaient de conviction et de rage, car l'oeuvre à accomplir lui semblait petite. Or tout le Manding s'était réuni pour assister à l'abattage du baobab.

Tam-Diara-Fodé s'entretint pendant longtemps avec son baobab en langue inconnue. Mais déjà Soundiata s'était avancé vers l'arbre et voici qu'il posa un de ses pieds sur Tam-Diara-Fodé et l'autre sur le baobab. Ayant fait, il porta un coup rude à l'arbre qui tomba, racines en l'air. Sa chute fut accueillie par un long soupir des anciens. Tam-Diara-Fodé commanda au baobab de se relever. Mais Soundiata commandait au baobab de se coucher. Une mystérieuse contradiction naquit au sein du baobab, qui obéissait tantôt à Tam-Diara-Fodé quand celui-ci lui parlait, tantôt à Soundiata quand ce dernier commandait à son tour. Et l'âme du baobab, sollicitée d'un côté et de l'autre par deux volontés très fortes, forcée d'obéir à l'une et à l'autre, faisait faire à l'arbre tout entier un lourd mouvement d'oscillation qui était douloureux à voir. Mais le baobab recevait une secousse plus forte quand la voix de Soundiata éclatait. Quand il eut la tête en bas et les racines en haut, Tam-Diara-Fodé abandonna l'espoir de lui redonner vie. En effet, le baobab ne se releva jamais.

Alors Tam-Diara-Fodé se retourna vers Soundiata et dit longuement les louanges de ce dernier. Il disait :

— Le passé est grand et nous donne des lois. Mais le présent peut commander au passé.

Soundiata répondit :

— Je suis venu, moi, Soundiata, dans Souma-WofO. L'homme connaît les yeux de l'homme.

Balafacé l'accompagnait à la cora. Puis il ajouta: « J'ai eu pour tuteur Tiramakan et je suis venu de Sankaran dans le ventre de ma mère. Tiramakan est l'ancêtre des chasseurs qui ne sont jamais vaincus par le gibier. Je suis venu de Sankaran du bout du monde, pour naître dans le Manding afin de remplacer celui qui commandait aux hommes, j'ai nommé Narman-Diata-Konaté, mon père. Tiramakan a vaincu la grande sorcière, et c'est lui mon tuteur. »

A la fin de chaque parole, Tam-Diara-Fodé et tous les anciens soupiraient. Mais le baobab ne se releva jamais plus.

Soundiata revint dans sa maison. Or il avait une soeur qui était jalouse de sa gloire.

Pour mettre rapidement fin aux jours de Soundiata, chaque matin elle se déshabillait et s'asseyait sans vêtement sur le seuil de sa porte. Et Soundiata en sortant la voyait dans cet état.

Cependant, il est mortellement dangereux de voir la nudité des personnes plus âgées que vous. Le diable habite dans les parties génitales de l'homme. Il les quitte de bon matin avant l'heure des premiers feux du soleil. Et si vous n'êtes pas homme à tête surnaturelle, prenez garde le matin, de laisser tomber votre vue sur le basventre d'une personne âgée. Car le moins qui puisse arriver est de n'avoir aucune chance dans la journée.

Soundiata fit appeler sa soeur et lui demanda :

— Pourquoi te présentes-tu toute nue devant ma porte? Ne sais-tu pas ce que je fais aux hommes dans la forêt? Tu vas le savoir aujourd'hui. Je vais t'emmener dans la forêt pour que tu voies cela.

n ordonna à ses esclaves d'attacher fortement sa soeur. On la hissa ensuite sur un cheval, de façon qu'elle puisse voir s'accomplir les exploits de Soundiata.

Soundiata alla vers le Balédougou et, en apercevant le village, il cria :

— Sauvez-vous, car je viens.

Une flamme sortit de sa bouche, qui enflamma une case, puis deux, puis trois, et dévora tous les alentours. Et Soundiata, se tournant vers sa soeur, lui dit :

— Regarde.

La soeur eut tellement peur qu'elle sentit ses entrailles se nouer.

Elle le supplia de ne pas continuer à semer la terreur. Elle dit :

— Ne fais pas cela, mon frère. Retournons au Manding.

Alors Soundiata se souvint que sa soeur n'avait jamais eu de mari. Il répondit, menaçant :ne se

— Quand nous serons au Manding, je te marierai à quelqu'un, car depuis ta naissance tu n'as jamais eu d'amant.

La soeur fut saisie d'une telle peur qu'elle en eut des troubles d'estomac pendant près d'une quinzaine de jours.

Si je savais mettre en notes la musique qui conserve la mémoire de Soundiata-Keita, je le ferais pour disposer le lecteur à aimer ce souverain puissant entre tous, qui était venu de Sankaran dans le ventre de sa mère, laquelle avait nom Sogolon-Koudouma ; je le ferais pour donner une idée de la musique la plus ancienne du monde, donnée par le premier instrument de la terre, je le ferais pour montrer qu'elle caractérise bien le chaos primitif qui précéda immédiatement les événements de Ouagadou dont tous les êtres vivants sont issus.

Ils revinrent au pays et il donna sa soeur en mariage à Fakoly-Koumba, l'ancêtre de ceux qui s'appellent Guèye. Puis il fit venir tout le Manding et lui parla ainsi :

— Je viens de marier ma soeur, car elle n'a jamais eu d'amant.

On lui demanda vivement :

— A qui l'as-tu mariée ?

Et il répondit :

— A Fakoly-Koumba.

L'un des hommes était remarquable par sa petite taille et connu pour ses aventures et ses entreprises dangereuses. Cet homme se leva et dit :

— Soundiata a mal agi, car Fakoly-Koumba est un homme qui ne tient pas sa langue. Il dit tout ce qu'il voit et répète tout ce qu'il apprend, et nul ne doit lui donner une femme.

Soundiata le fit mourir, puis partit avec son griot pour faire le tour de son royaume.

En chemin, le griot eut faim, mais ils chassèrent en vain. Alors Soundiata dit à son griot de l'attendre. Il alla vers un arbre situé à quelque distance de là et s'étant caché, il coupa une bonne tranche dans sa cuisse. Et comme le sang coulait abondamment, il enveloppa la plaie de feuilles d'arbre. Puis il porta sa propre chair au griot, qui lui demanda :

— Quelle viande est-ce là ?

— J'ai tué un éléphant, répondit Soundiata, et comme il était trop gros pour que je puisse l'apporter en entier, j'ai coupé ce morceau pour toi.

Ils cherchèrent ensemble du bois mort ét le griot rôtit la viande qu'il trouva bonne et savoureuse. Soundiata l'interrogea :

— Est-elle bonne, mon griot ?

— Depuis ma naissance, répondit le griot, je n'ai goûté une viande aussi douce.

Soundiata venait de commettre l'acte de dissimulation le plus illustre et le plus sacré de l'histoire, celui qui rend la vie aux morts, qui parfume les chairs immondes et ranime les défaillants. Et voilà que tout à coup il méditait sur son mensonge. Il se disait: « J'ai commis un acte indigne d'un héros, mais je l'ai fait pour sauver un homme de la faim. Désormais, le mensonge bienfaisant sera protégé. » Mais Soundiata, à la longue, regretta d'avoir menti à son griot et ordonné que le mensonge bienfaisant fût protégé. Car le mensonge bienfaisant menaçait de désorganiser son royaume en apportant au sein du peuple de nouvelles croyances, de nouvelles convictions, une foi nouvelle.

Et en effet, quelque temps après, les hommes s'en allaient, soufflant dans l'oreille du voisin :

— Il y a en haut un souverain inégalable et une justice suprême qui réparera nos malheurs.

Et ces hommes-là disaient encore :

— Notre maître Soundiata-Keita n'est pas unique dans l'univers.

D'autres s'en allaient proclamant que la chair des animaux pouvait être mangée, que les animaux étaient un tribut donné à l'homme par la nature. D'autres enfin, s'en allaient, disant que ceux qui régnaient sur la terre ne régneraient pas dans les cieux.

Mais Soundiata ne regretta pas de s'être taillé la cuisse pour faire manger son griot. Le griot représente l'honneur, et l'honneur passe avant la santé, avant le ventre. Qui que tu sois, agis comme Soundiata-Keita, le souverain puissant entre tous. Ne laisse pas mourir ton honneur, c'est ta vie.

Le griot manifesta sa soif, alors Soundiata frappa la terre de son pied, et l'eau d'une rivière voisine, qu'on ne voyait pas, coula à leurs pieds. Le griot dit :

— Ah ! seigneur, tu as creusé un grand puits !

Et il se mit à énumérer tous les aïeux de Soundiata, depuis Narman-Diata et même avant lui. Mais il y avait un crocodile dans le puits. Tout le Manding et les troupeaux du Manding boiraient désormais à ce puits.

Soundiata, revenu chez lui, y trouva un homme qu'il interrogea en disant :

— Qui es-tu ?

— Vala-Birahima, répondit l'autre, l'ancêtre des cordonniers. Il me revient que tu as convoqué tous les chefs des tribus, sauf moi ?

— Si je ne t'ai pas fait venir, dit Soundiata, c'est que tu n'es pas capable de garder un secret.

Soundiata avait un bonnet qu'il n'enlevait jamais. Etant né avec ce bonnet, il le conservait en dormant, au sein des assemblées, ainsi que dans la mêlée et nul n'osait y faire allusion. Il dit à Vala-Birahima :

— Attends-moi là.

Il entra dans sa case, en sortit et montra au cordonnier sa tête qui était partagée en deux moitiés, l'une étant d'or et l'autre d'argent. Et comme Vala retenait son coeur de peur que le choc de l'émotion ne le fît sauter, Soundiata lui commanda de garder le secret. Vala-Birahima, l'ancêtre des cordonniers, retourna chez lui, mais son besoin de parler fut tel qu'il en éprouva un violent mal au ventre. Or, sa femme l'interrogea :

— Mais qu'as-tu donc ?

Et il disait :

Oung oung ! comme un chien malade.

Puis il alla creuser un trou dans la terre pour y enfouir le secret. Il dit :

— J'ai vu la tête de Soundiata, l'un des côtés est d'or, l'autre d'argent.

Et du coup son mal fut conjuré*.

Soundiata alla trouver son frère consanguin, Soumangourou, dans son pays. Pour interdire l'accès de sa capitale à Soundiata, Soumangourou y fit mettre le feu. Et Soundiata rebâtit la ville neuf fois sur dix; Soumangourou détruisit la ville et neuf fois sur dix, Soundiata la reconstruisit. La dixième fois, Soundiata, excédé par le caprice de son frère consanguin, le poursuivit avec la ferme volonté de le tuer. Mais au moment où il allait le frapper de sa lance, Soumangourou se changea en statue avec son cheval. Soundiata lui parla :

— Aké té ri ?**

Or Soumangourou répondit, bien qu'il ne fût plus à ce moment-là qu'un amas de boue inerte:entre

— Je suis toujours un homme.

Cette statue existe toujours dans le Manding et répond toujours à ce qu'on lui demande, mais il faut être un descendant de Soundiata-Keita pour avoir le privilège de la voir et de s'entretenir avec elle. Aux yeux des autres mortels, elle passe pour un tertre sans intérêt fait par la nature pour servir de royaume au peuple des fourmis et des termites.

Puis Soundiata dit :

— Il y a trop d'hommes dans le Manding. Aujourd'hui j'en ferai de la pâture pour les vautours.

Il fit venir Noumou-Fayourou, l'ancêtre des forgerons, des bijoutiers, des fondeurs et de tous ceux qui façonnent les métaux. Il lui ordonna de prendre dans le pays tous les hommes de petite taille et de les amener. Cela fut fait et Soundiata les tua et les offrit aux vautours, derrière le village. « Ha ! les vautours ont faim », disait-il. Il leur offrit aussi des boeufs parmi les plus gros du royaume.

Les vautours sont d'anciens rois déchus. Ils ne peuvent plus avoir de l'homme que la charogne et ne viennent que quand on les invite. De leur règne de jadis, ils n'ont gardé que la majesté.

Son principal esclave, Makan-Soundiata, ayant appris cela en fit autant. Et Soundiata, mis au courant, entra dans une grande colère. Il dit :

— Akona dioug, ako ne bra fa han lé Soun Diata, bé kou nè diong afana béoulé nkéla. Ave! (Mon esclave a maintenant le ventre plein. Il veut maintenant faire comme moi. Mais je vais lui faire voir ce qu'il est. Je vais le circoncire une seconde fois, le raser et lui mettre le bonnet puéril de ceux qui n'ont qu'une seule pensée).

Il fit tout cela puis tua l'esclave.

Si Soundiata a fait choisir les hommes de petite taille pour les offrir en pâture aux vautours, c'est que dans tous les pays, depuis les événements de Ouagadou, ils se distinguent par leur amour des aventures et des entreprises dangereuses. Ils désorganisent les Etats, commettent l'adultère et entreprennent souvent des choses qui sont audessus de leur pouvoir et de leurs forces. Ou bien, à l'exemple de cet autre bien connu, ils se mêlent de contrecarrer les décisions des souverains, se lèvent au milieu d'une assemblée pour dire au souverain: « Tu as mal agi. »

Un jour, Soundiata trouva chez lui un grand marabout qui faisait tous les matins ses prières. Mais Soundiata le voyait se lever de très bon matin, pour se livrer à des exercices vagues et inquiétants. Alors il se dit: « Je vais tuer cet homme, car c'est un traître; il n'y a que les traîtres qui se lèvent de si bon matin. » Et il tua le marabout.

Soundiata déjeunait d'un taureau, mais il ne mangeait pas le soir. Et du taureau il ne restait que les os et les poils. Quand il avait bu dans un canari, il fallait le remplir de nouveau, car il prenait en une seule fois tout le contenu du canari.

Soundiata convoqua tout le Manding et dit à tous :

— Sachez que le monde ne doit pas connaître un seul roi. Après moi, d'autres viendront et ceux-là vous feront voir des gouvernements bons ou mauvais, meilleurs ou pires que le mien. Car c'est moi qui ai fait tomber le baobab séculaire de Tam-Diara-Fodé que nul de mes aïeux n'avait pu faire tomber. J'étais venu parmi vous pour remplacer Narman-Diata-Konaté afin de régner sur la terre. Tiramakan est mon tuteur, et je suis venu de Sankaran dans le ventre de ma mère.

Un vieillard venu d'Aoudi, nommé Moulai-Traoré, lui demanda une faveur en disant :

— Je veux que tu m'accordes un coin de terre où je pourrai faire mes prières.

Soundiata accorda ce qu'il demandait. Or les enfants allèrent le regarder faire le salam et s'en vinrent raconter la chose à Soundiata. Ils disaient :

— Celui à qui tu as donné le coin de terre passe son temps à se lever et à se baisser.

Soundiata, ayant fait venir Moulai-Traoré, l'interrogea :

— On dit que tu passes ton temps à te lever et à te baisser. As-tu des regrets ?

Or le griot de Soundiata était à côté de lui et disait ses louanges. Et Soundiata fit baisser le marabout durant un jour entier et le tua le lendemain.

Les hommes d'Aoudi, apprenant cela, décidèrent d'attaquer Soundiata. Car Aoudi était le pays de MoulaiTraoré, le marabout qui passait son temps à se lever et à se baisser.

La bataille eut lieu et fut funeste pour ceux d'Aoudi. Lorsqu'ils aperçurent au loin Soundiata qui approchait, ils dirent tous : « Voyez cette montagne qui s'avance ».

Soundiata n'eut presque pas besoin de se battre sérieusement avec eux. Il lui suffisait de crier ou de braquer violemment son regard sur eux, chacun de ses cris faisait mourir vingt guerriers d'Aoudi ; chacun de ses regards de feu tuait vingt guerriers d'Aoudi. Après cela, il alla dans le Boundou qu'il mit à feu et à sang, et revint au Manding.

— Je suis venu, disait-il, dans Souma-Woro. L'homme connaît les yeux de l'homme.

Une fois de plus, il convoqua tout le Manding et dit :

— Un chien qui voit un savon et s'en empare, ne laissera pas un os.

Soundiata, le plus souvent, parlait à son peuple en employant des paraboles. Dans ces moments-là, il était grand parmi les grands et sage parmi les sages. Mais les anciens comprenaient parfaitement le sens de ses paraboles. Soundiata ajouta :

— Je n'ai qu'un seul regret, c'est que je dois laisser les guitares au monde et que mes petits-fils n'accompliront pas les mêmes exploits que moi en entendant la voix des coras. Je veux donc faire disparaître tous ces instruments de la terre.

Mais son griot se leva et dit :

— Il est vrai que tu as pris la cora d'entre les mains du djinné, et que la cora est le premier instrument connu du Manding. Mais je t'accompagnais lorsque tu vainquis le diable dans la rivière; j'ai donc ma part dans l'existence des coras et tu ne saurais les détruire entièrement.

Et Je griot ajouta : « Tu ne dois pas les détruire à cause de mes petits-fils à moi, qui n'auraient rien pour vivre. »

Et Soundiata dut laisser au monde les coras, les balafons, les guitares et les violons pour l'usage des petits-fils de son griot.

Paix à ta mémoire, Soundiata-Keita, souverain puissant entre tous. Tes petits-fils sont vaillants, mais le monde a changé. Le son des coras et des guitares ne leur inspire plus cette fougue belliqueuse qui armait ta main quand tu allais soumettre le Boundou et le Bélédougou. Mais d'autres choses comblent leurs mains qu'ils distribuent généreusement lorsqu'on évoque ton souvenir. Car n'avais-tu pas, caché derrière un arbre, coupé un bon morceau dans la chair de ta cuisse pour faire manger ton griot? Et n'as-tu pas dit et ordonné que le mensonge bienfaisant fût protégé? Aussi bien, tes petits-fils, fidèles à ta mémoire, conservent-ils une âme encline aux grandeurs de toutes sortes qui emplirent ton règne.

Soundiata, ayant fait venir tout le Manding, lui dit de nouveau :

— Mon heure approche, demain je m'en retournerai chez moi.

Et cette fois-là, les anciens eux-mêmes ne comprirent pas le sens de ses paroles. Alors Soundiata s'expliqua plus clairement, et jusqu'aux plus petits tout le monde comprit que le souverain puissant allait quitter le monde. Or, Tam-Diara-Fodé se leva et dit :

Quand tu auras quitté le Manding, mon baobab renaîtra. Car le présent est grand et peut nous donner des lois, mais le passé doit toujours manger le présent. Tout présent doit un jour devenir passé. Seul le passé est grand et éternel.

Soundiata l'écouta parler et lorsque Tam-Diara-Fodé eut fini, il ajouta simplement:me..

— J'ai régné sur la terre, demain je m'en retournerai chez moi.

Le lendemain, tout ce qu'il y avait de musique dans le Manding fut en branle: taboulas de deuil et d'allégresse, coras, guitares, violons et monocordes... Le peuple s'assembla pour assister à la fin de son souverain.

Soundiata alla se mettre loin de tous et contempla son peuple durant des heures entières. Puis il disparut tout à coup aux yeux de tous. Et tout le Manding, figé sur place, ne put s'en aller qu'au moment où la nuit vint couvrir la terre.

Ainsi finit l'histoire de Soundiata-Keita, le souverain puissant entre tous.

Tiramakan, l'ancêtre des chasseurs, devint empereur du Manding.

* Conjurer: exorciser, chasser les démons.

** N'es-tu pas un homme?

Knight, Roderic. 1992. "Kora Music of the Mandinka: Source Material for World Musics." In African Musicology: Current Trends, ed. Jacqueline Cogdell DjeDje, 2:81-97. Los Angeles: African Studies Center, University of California.

(Sunjata)

p. 82

The Mali national anthem is also based on a tradtional Mande song, Sunjata mang bori long (Sunjata knows not running).

Example 1. The Mali national anthem (melody only), transcribed from the television broadcast sign-off. The original tune of Sunjata mang bori long, relatively unchanged begins on the third line. The original words are indicated. Translation: "Sunjata knows not running; Death is better than shame."

Image not available.

Kouyate, (El Hadj) Djeli Sory. 1992. Guinée: Anthologie du balafon mandingue. Vol 1. Buda, 92520-2.

(Soundjata)

[Soundjata] is dedicated to the great prince of the Mandingo, Soundjata Keita.

Kaba, Mamadi. 1995. Anthologie de chants mandingues (Côte d'Ivoire, Guinée, Mali). Paris: Harmattan.

(Soundiata)

pp. 66-7

C'est à Simbo que je m'adresse !
C'est à Diata que je m'adresse !
Diata, sorcier chasseur,
Diata, le grand seigneur !
Accourez !
Accourez !
Venez, hommes vaillants !
Soundiata a marché !
Accourez !
Accourez !
Venez femmes vaillantes,
Soundiata a marché.
Djata, le fils de Sogolon,
Djata, le lion du Manding
Vient de marche.
Il a pris le carquois.
Djata, fils de Sogolon
A pris le carquois
Pour aller à l'aventure
Pour aller à l'attaque
Gnama ! Gnama ! Gnama !
Tous les êtres fuient
De peur devant Gnama.
Mais Gnama ne fuit
Devant personne.
Sa devise est la suivante
"Pour l'honneur, la mort
Vaut mieux que la honte".
Le chien dévoreur de savon,
Le chien mâle qui dévore le savon
Est capable de tous les exploits.
C'est la guerre qui a détruit le Manding,
C'est la guerre qui a relevé le Manding.
Tu possèdes une grande armée
Ta mère est valeureuse
Oh Nankoumandian !
La guerre ne sourit guère aux poltrons
Oh Nankoumandian !
Tueur d'immortels1 !

1 Les chants mandingues sur Soundiata sont très nombreux. Soundiata a relevé un défi majeur: libérer son pays de la domination du roi du Sosso, Soumahoro Kanté. Il réussit à lever une forte armée et à battre celui-ci en 1235. Grâce à cette armée, il conquit un vaste empire puissant : le Manding ou Mali qui était surtout un pays agricole. Ses louanges sont encore chantées de nos jours dans les parties mandingues du Mali, de Guinée, de Côte d'Ivoire, du Sénégal, de Guinée Bissau, de Gambie et du Burkina Faso. L'hymne national du Mali comporte un extrait de ce chant traditionnel.

Ce chant est connu dans tout le Manding. Il a été enregistré sur disque et à la télévision par le joueur de cora Soundjoulou Cissoko. Aussi, ce chant est joué dans toutes les régions mandingues. Le rythme est lent et martial. Ce chant se médite, s'écoute, car c'est un chant historique et patriotique.

Mandeng Tunya. 1997. M'Fake. Mandinka Magic Music. U.S. cassette.

(Sundjatta Mang Bori Long)

"Sundjatta fears/runs from no one." One of the 100 or so songs of the Sundjatta Faso, all of which are attributed to his Mother and were composed during the day of his Victorious Return.

Suso, Foday Musa, and Bill Laswell. 1997. Jali Kunda: Griots of West Africa and Beyond. Ellipsis Arts, CD3511.

(Sunjata)

The most famous Griot song, praising Sunjata, the great king and warrior who founded the Mandinka Empire in the thirteenth century. While the words remain basically the same, instruments and tunings vary from one region to another.

Charry, Eric. 2000. Mande Music: Traditional and Modern Music of the Maninka and Mandinka of Western Africa. Chicago; London: University of Chicago Press.

(Sunjata)

pp. 7-8

In the early thirteenth century, the transfer of the magical bala (xylophone) of Sumanguru Kante, the sorcerer blacksmith who was defeated by Sunjata, to Sunjata's jeli Bala Faseke Kouyate symbolizes a new era.

p. 10

The bala (or balafon) is the only Mande instrument whose history is so readily verbalized and agreed upon by jelis. Indeed, a bala guarded by the direct descendants of Sunjata's jeli in a village in the old Mande region is believed to be the original thriteenth-century bala.

p. 12

The pieces jelis play are all named. Most often the name is that of the person to whom the piece is dedicated, such as Kelefa or Sunjata.

p. 19

Susu (also called Sosso), with probable origins in Mali and historical relations to Soninke and Maninka, migrated southwest into Guinea as far as the coast after the defeat of their leader Sumanguru Kante at the hands of Sunjata in the thirteenth century.

pp. 40-43

Stories of the rise of Mali from a small chiefdom ruled by a succession of great hunters to an expansive empire that ruled over western African sahel and savanna lands under the leadership of the legendary hero Sunjata (Fr: Soundiata) form a vast body of oral and written literature.11 The range of accounts includes Ibn Khaldun's late fourteenth-century encyclopedic royal history written in Arabic; French colonial collections elicited from local oral historians beginning in the early twentieth century; French novels written by Africans; lengthy Maninka versions recorded, transcribed, or translated into English or French and published by African, European, and American researchers as well as African government institutions; radio broadcasts; performances at traditional ceremonies attended by Mande nobility; and recordings by modern dance bands. The epic recounting of the founding of the Mali empire is one of the primary sources of the musical repertory of Mandenka musicians, containing pieces dedicated to Sunjata, Sosso king Sumanguru Kante, and two of Sunjata's allies, Fakoli and Tiramakan Traore. The role of the Sunjata epic in forming modern Maninka identity and the national identities of Mali and Guinea cannot be overestimated. A summary of relevant portions of the Sunjata epic follows.12

Two brothers of the Tarawele (Traore) clan, Danmansa Wulanin and Danmansa Wulantamba, killed a magic buffalo that was ravaging the countryside of a land called Do. The younger Traore brother proved the braver of the two, and the elder brother sang his praises, becoming the founder of the Diabate lineage of jelis. The brothers were rewarded with a local woman named Sogolon of the Konde lineage. They brought her to marry the chief of a land called Manden (Mali), named Magan Kon Fatta (or Farako Magan Cenyi) of the Konate lineage descending from Wagadu.

Magan Kon Fatta's first wife was Sasuma (or Tasuma) Berete, who already had borne him a daughter, Nana Triban (or Tiriba). The first male children of first wife Sasuma Berete and second wife Sogolon Konde would become rivals for the chiefdom of Manden: Sasuma's son was Dankaran Touman; Sogolon's son was Sunjata. Sogolon later bore two more children: Manden Bukari (or Bori, a boy) and Kolonkan (a girl).

King Magan Kon Fatta had his own jeli, named Gnankoman Duwa (or Jakuma Doka), whose son Bala Faseke (Fasalli or Facelli) Kouyate, was appointed as the jeli of Magan Kon Fatta's son Sunjata. Bala Faseke Kouyate is the founder of the Kouyate lineage of jelis.

As a young child Sunjata was not able to walk. In a triumphant moment, Sunjata, upon seeing his mother Sogolon humiliated by her co-wife, sent for a great iron rod and finally pulled himself up to walk. He soon made up for lost time and became a great hunter.

When the king Magan Kon Fatta died, his son Dankaran Touman inherited the throne. Sunjata went into exile with his mother and family.They traveled throughout Maninka and Soninke lands making alliances with the local rulers: the blacksmith Camaras of nearby Tabon and Sibi, the Cisses of Wagadu, and the Tounkaras of Mema on the Midd1e Niger, where he settled in exile. The young king Dankaran Touman sent Sunjata's jeli, Bala Faseke Kouyate, on a delegation to appease Sumanguru (Soumaouro) Kante, the blacksmith sorcerer-king who ruled Sosso territory and led an oppressive campaign against the Maninka. Mali soon fell under the domination of the Sosso king Sumanguru Kante, who refused to release Sunjata's jeli, Bala Faseke. One day Bala Faseke gained entry into Sumanguru's secret chamber and began playing his magical bala (xylophone). Sumanguru knew it was being played and returned to the chamber. Bala Faseke sang a praise song to him, and Sumanguru made him his jeli.

Sumanguru destroyed Mali's capital, Niani, and a party was sent to find Sunjata. They found him in Mema and convinced him to reclaim Mali. Sogolon died the next morning. Sunjata's return to his Manden homeland to claim the throne is celebrated by the famous song I bara kala ta (You took up the bow). Sunjata raised an army from the allies he visited during his exile, including Sumanguru Kante's nephew Fakoli, who was associated with the clan names Koroma, Dumbia, and Sissoko. Sumanguru and Sunjata first battled with no victory: Bala Faseke Kouyate escaped and returned to Sunjata. Nana Triban (Sunjata's half-sister) discovered Sumanguru's fana (taboo), and in the grand battle of Kirina Sunjata grazed Sumanguru with a cockspur arrow. Sumanguru fled, never to be found. With the defeat of Sumanguru, Sunjata destroyed Sosso and was proclaimed mansa (king) of Mali. Sunjata gave all the social prohibitions that still exist among the Mande peoples. 13

After the reign of Sunjata, Mali continued to expand. A golden era was marked by the reign of Mansa Musa (1312-37), whose lavish distribution of gold on a pilgrimage to Mecca in 1324 caused a devaluation of the precious metal in Cairo. The fame of Mali spread, and by the mid-fourteenth century drawings of the king of Mali holding a gold nugget began appearing on European maps (Levtzion 1980:209-14; 1985:141-42). Remembrances of Mansa Musa and Sunjata are particularly illustrative of different historiographical traditions. Muslim writers paid special attention to Mansa Musa, but he does not figure in the Mande grand epic tradition; his deeds were not on par with those of Sunjata.

11. Bulman (1997) has identified sixty-four published versions of the Sunjata epic. Conrad's (1999, forthcoming) valuable translations of Sunjata and other stories from Upper Guinea will significantly broaden this body.

12. The countless episodes subsumed in the Sunjata epic have been conveniently summarized by Bird (1971: 21) as falling into three major divisions: "the events leading to the birth of Sunjata, his youth and exile from the Mande, and lastly his retum, victory over the invaders, and formation of the Mali empire." The two most popular accounts of the Sunjata epic are the novel s of the Guineans Djibril Tamsir Niane (1965), based on his research with the jeli Mamadou Kouyate of Djeliba Koro (Siguiri, Guinea), and Laye Camara (1980), based on his research with the jeli Babou Conde of Fadama (Kourallssa, Guinea). Qne of the most entertaining accounts is that sung and narrated by Mory Kante with the Rail Band (1975/n.d.-disc). AIso see Soubale by Las Maravillas de Mali/ Les Merveilles du Mali (1967/1998-disc; reissued on Musiques du Mali 1995a-disc) for a Cuban charanga-style piece with a chorus singing the praise line associated with Sunjata, Subaa ni mansaya (Sorcery and kingship). Differences among the wide variety of published accounts indicate regional and personal variations, so the following summary is just one among many possibilities. The salient features are generally agreed on, although some of the family relationships indicated in the summary may vary. Following Delafosse ([1912] 1972), Sunjata's reign has been commonly dated as beginning in 1230 or 1235 C.E. (e.g., Niane 1975a). This is based on Ibn Khaldün's report that Sunjata ruled for twenty-five years and that his successor Mansa Wali (or Uli) made the pilgrimage to Mecca sometime between 1260 and 1277. But there is no indication of when Mansa Wali made his pilgrimage or how long he ruled. Sunjata's reign therefore could have begun anytime between, say, 1225 (if Mansa Wali had ruled for ten years before he made the pilgrimage in 1260) and 1252 (if Mansa Wali made the pilgrimage during the first year of his reign in 1277). For further details see Levtzion (1963) and Levtzion and Hopkins (1981:333-34, 424-25).

13. There is disagreement among sources on whether Gnankoman Duwa (Jakuma Doka) is the father of Bala Faseke Kouyate (e.g., L. Camara 1980: 72, 120; Niane 1965: 17; Cissé and Kamissoko 1991: 81,114) or whether they are the same person, with Sumanguru Kante renaming Gnankoman Duwa as Balla Faseke Kouyate (e.g., Ke1e Monson Diabate in Moser 1974:279-82; Je1i Kanku Madi Jabate in Ly-Tall, Camara, and Diouara 1987:49-51,202-9; Sidiki Kouyate in Jansen 1991 :92; Mory Kante in Rai1 Band 1975/n.d.-disc). See Wi1ks (forthcoming) for a wideranging discussion of this and other re1evant issues. Many versions have the birth of Sunjata andhis half-brother Dankaran Touman taking place on the same day but with their order of birth announcement reversed. Two versions from Kita, Mali, have Dankaran Touman being born first but Sunjata's birth announced first (Fa-Digi Sissoko, in Johnson 1986: 129-31; Ke1e Monson Diabate, in Moser 1974:228-31). Two versions from Ke1a, Ma1i, have Sunjata being born first but Dankaran Touman's birth announced first (Je1i Kanku Madi Jabate, in Ly-Tall, Camara, and Diouara 1987:35,156-59; Lansine Diabate, in Jansen, Duintjer, and Tamboura 1995:85-87). Two versions from Upper Guinea have Dankaran Touman as years older than Sunjata (Niane 1965: 12-16; L. Camara 1980: 114 -16). See Bu1man (1996) for a discussion of this birth-order dispute.

p. 49

The vast body of oral traditions surrounding Sunjata indicates that with the defeat of Sumanguru Kante, signaling the rise of the empire, the nyamakala groups were in place.

p. 52

Some scholars see the Sunjata epic as representing a new order in which northern mounted warriors wrested power from blacksmith sorcerers who functioned like earth priesets throughout the savanna.

p. 53

25. For further interpretation of the forces represented by Sunjata and Sumanguru see the discussion of Janjon (and the footnote) in chapter 3. Bird’s reference to Launay’s transcript is from the Sunjata Epic Conference (November 13-15, 1992), Northwestern University, Institute for the Advanced Study and Research in the African Humanities. See Austen (forthcoming) for papers from this conference.

p. 55

29. The name Sunjata, a contraction of Sogolon (his mother’s name) Jata (lion) in a popular etymology, is a well-known example of taking the mother's togo.

p. 56

The idea of avenging the suffering of the mother has its most celebrated illustration in Sunjata’s finally lifting himself up to walk (and setting himself on the path to leadership) after a childhood of infirmity to avenge the insults heaped upon his mother by her co-wife.

p. 58

The prototypical ngana is Sunjata, the horon who establishes a name through action, usually of a violent nature.

p. 59

In Mande ideology the ngara is not just a master artist but also a guide and source of wisdom.

Formerly the griot was . . . an extremely powerful man. So much so that Balla Fasseke Kouyate, the griot of Sunjata, said straight out to Sunjata: "We are two to lead the Mande; you do what I advise you to do." (Massa Makan Diabate, in C. Keita 1995a:119)

pp. 61-62

Although the era that binds Mandenka consciousness over a wide geographic region remains that of Sunjata, his allies, and his foes, there is much to be learned from the confluences of other forces that took place in western Africa over the past several millennia.

pp. 67-68

Oral traditions about ancient Mande history refer to the immediate ancestors of Sunjata as hunters, and their names often have simbon (master hunter) attached to them (e.g., Johnson 1986:105-7; Jansen, Duintjer, and Tamboura 1995:44-52). Renditions of the Sunjata epic also usually include an episode telling how Sunjata’s mother was brought to his father by two hunters who had killed a buffalo genie that had ravaged much of the countryside. Genealogical attribution of hunter ancestry to Mande nobility is standard practice among jelis. The hunter ancestry of Sunjata supports the common belief that hunters’ societies and their musicians still preserve that preempire, pre-Islamic heritage. Epics recited by hunter’s musicians have not been as extensively documented as those concerning Sunjata, but they are generally believed to refer to a mythic past that predates Islam and the socially differentiated society of the Sunjata era.7

p. 68

Seydou Camara (1996:773-74) has noted that the biographies of Sunjata and of Siriya Manbi, the last of the forty-five hunter heroes (gwede) in the repertory of Bala Djimba Diakite, are remarkably similar.

pp. 83-84

Janjon is associated with the great warrior Fakoli, who left the side of his uncle Sumanguru Kante to join the ranks of Sunjata, and it is sometimes sung during renditions of the Sunjata epic when Sumanguru Kante makes an appearance. Kulanjan, also known simply as Donso foli (Hunter's music), has no associations outside hunting as Janjon does. Janjon and Kulanjan form the oldest layer of the jeli's repertory.22

22. For an extended discussion of Fakoli see Conrad (1992). For more on Janjon see Bird (1972:280,291), Bird and Kendall (1980:20-21), and M. Diabate (l970a:43-52). Bird and Diabate worked together in the middle to late 1960s (Bird 1972: 441), so their publications in the early 1970s are probably based on a common pool of research. According to Soninke griot Diarra Sylla (Dieterlen and Sylla 1992: 14, 96), Janjon was sung in honor of Dinga, the founding ancestor of the Soninke empire Wagadu. Sidiki Diabate (1990-per: 15-18) attributed Janjon originally to Sumanguru's ancestor Sora Musa, and then to Sumanguru, finally taken over by Fakoli. A line from Janjon in praise of Sumanguru Kante, "First king of the Mande, And traditional King," has prompted Bird (forthcoming) to suggest the idea of a song's being captured. Bird and Kendall (1980:20-21) relate that Janjon was first sung in praise of Sumanguru Kante, and that on hearing it sung for Sunjata, Fakoli desired and ultimately won it because of his heroic sacrifices. "They [jelis] sing that Sumanguru is the first and traditional king; they say that Sunjata is. This sounds like good evidence for Sunjata's winning the song, and having its accompanying story adapted to fit the new circumstances, but the bards choose to preserve Sumanguru 's original claim to the title, and they preserve the role of Fakoli as earning the right to the song" (Bird, forthcoming). The praises of Sumanguru were perhaps retained because "the hero's greatness is measured against that of his adversaries. . . . The more that is said of the terribleness of Sumanguru, the more terrible had to be the greatness of Sunjata who defeated him" (Bird, forthcoming). Bird uses this idea of transfer of song ownership to support his suggestion that Sunjata might have been a Soninke native son from Mema in the north who imposed himself militarily on the Mande to the south, defeating Sumanguru Kante. Bala Faseke Kouyate, who would have been Sumanguru's jeli, then helped legitimize the new ruler by singing Janjon for Sunjata. Furthermore, Bird sees this as symbolizing the victory of northern horsemen over blacksmith-earth priests farther south in the savanna.

pp. 103-4

I recorded a Surakata story from my bala teacher, Bala Dounbouya, but he also pointed out that the ancestor of jelis in particular, as opposed to the profession in general, is really Sunjata's father's jeli, Gnankoman Duwa (Jakuma Doka).21 By that he was distinguishing the global (Islamic) tradition of praise singing from the local Mande one. Renditions of the Sunjata epic often reach back to the time of Mohammed with the naming of the ancestors of Sunjata, but the first Mande jeli to be named (as opposed to an Islamic ancestor) is Gnankoman Duwa (Jakuma Doka in some other dialects). His son, Bala Faseke Kouyate, was Sunjata's jeli and is believed to be the founding ancestor of the Kouyate family. This is the source of the widespread belief that Kouyate is the only pure jeli family name, summed up in the well-known praise line jeli ma kuyate bo (no jeli can equal a Kouyate). The primacy of Kouyate jelis is played out in part in the rules of who may solicit gifts from whom: Kouyates have the right to solicit gifts from all other jelis.22

Kouyates are considered "pure" jelis in part because they did not split off from a horon or other nyamakala branch like the other jeli lineages. The best-known story of a jeli branch's splitting off from a horon lineage concerns Diabate jelis. For killing a great buffalo that was ravaging the countryside, two hunter brothers with the family name Traore (also called Tarawele) were rewarded with a woman whom they brought to Sunjata's father to be his bride. This woman, Sogolon Konde, would give birth to Sunjata. The older brother praised his younger brother's bravery in killing the buffalo, to which the younger replied, "Brother, if you were a jeli you could not be refused." The phrase "cannot be refused" in the Maninka language contracts into diabate. Diabate jelis trace their origins to the older brother and consequentIy to the Traore noble lineage.23

There appears to be, then, a two-tiered ancestry among jelis: that of their profession in general, which is projected back to the time of Mohammed, and that of jelis in particular, which goes back to the time of Sunjata. The early tier establishes the prestigious link with Islam, and the later tier establishes the tie to the jamana, the homeland. In the syncretic societies of the western sahel and savanna, this presents no problem. One of Zemp's (1966: 624) informants neatly telescoped these two tiers in saying that Gnankoman Duwa was Surakata's son, establishing the two links and making no attempt to fill in the gap of almost six centuries.24 Tiers of ancestry can stack up further, with some jelis referring back many generations to the ancestor of their particular family branch, and there may also be recent ancestors who have distinguished themselves, such as the first ancestor to leave one region to establish himself in another. For instance, the Diabate lineage ultimately stems from Dan Mansa Wulanba (Wulantamba), the older of the Traore hunter brothers. Dan Mansa's descendant Kala Jula Sangoyi, believed by some to be a companion of Sunjata, is the next major ancestor of the Diabate lineage. The names of Kala Jula Sangoyi and his three sons Tuba Kate, Monson Kate, and Fatiya Kate are commonly used in praise songs for Diabates.25

22. As I noted in chapter 1, some sources have Gnankoman Duwa (Jakuma Doka) and Bala Faseke Kouyate as the same person. Bala Faseke Kouyate (or Gnankoman Duwa in versions where they are the same) is typically referred to as the Kouyate ancestor or patriarch (Kele Monson Diabate, in Moser 1974: 279; Fa-Digi Sisoko, in Johnson 1986: 150; Jeli Kanku Madi Jabate, in Ly-Tall, Camara, and Diouara 1987: 203). The Kouyate matriarch is Tumu Maninyan (Fa-Digi Sisoko, in Johnson 1986: 129; Kele Monson Diabate, in Moser 1974:266; Jeli Kanku Madi Jabate, in Ly-Tall, Camara, and Diouara 1987: 52-55). Jeli Kanku Madi Jabate (in Ly- Tall, Camara, and Diouara 1987 : 26) also refers to a Jeli Dora, who was a jeli of the king of Do, the land of Sunjata's mother.

pp. 142-43

Mande oral traditions are unanimous that the Maninka received the bala from the Sosso (Susu) king Sumanguru Kante. The attributions of two respected Malian jelis are typical. "Sumanguru made a bala inside a cave. He played the bala for himself" (Kele Monson Diabate, in Moser 1974: 279). "At that time, the bards did not have balaphones. . . . None but Susu Mountain Sumamuru [Sumanguru]. . . . The balaphone of seven keys" (Fa-Digi Sisoko, in Johnson 1986: 148- 49). The episode in which the bala is first noted in the Sunjata epic is a major one that figures in most renditions. When Sunjata's jeli, Bala Faseke (or Balla Fassali) Kouyate, gained entry into Sumanguru Kante's secret chamber, he began playing the bala. Sumanguru, who was out in the bush, was reputed to be able to hear his bala anywhere he was, and he magically appeared in his chamber ready to kill whoever was playing it. Bala Faseke Kouyate immediately began singing

Sumanguru's praises and won him over. Sumanguru is said to have cut Bala Faseke's Achilles tendons to ensure that he would remain his jeli.72

According to my teacher Bala Dounbouya (1989-per), the piece that Bala Faseke Kouyate played for Sumanguru was called Boloba. Wa Kamissoko was also of this opinion. "Having come back fram the bush, Sumaworo found Faseke Kwate playing boloba, 'great arms,' which is the first hymn ofthe Mande. The Sunjata fasa [praise hymn], like boloba, was drawn fram the music of the hunters" (Cissé and Kamissoko 1988: 165). Djibril Tamsir Niane (1965 :39) wrote that Bala Faseke played Duga, another of the oldest pieces in repertory.

Bala Faseke Kouyate had three sons: Missa, Massa Magan, and Batru Mori (S. J. Kouyate 1990-per; L. Camara 1980:207; Fa-Digi Sisoko, in Johnson 1986: 151; Sidiki Diabate 1988-disc; Dembo Kanute, in lnnes 1974: 281). When Sumanguru was defeated by Sunjata his bala is believed to have been passed on to Bala Faseke Kouyate and then passed down to his son Missa (S. 1.Kouyate 1990-per; L. Camara 1980: 207). That bala, known as the Sosso bala, has remained in the hands of the descendants of Missa Kouyate and at present is guarded by the Kouyates in Niagassola, Guinea.

72. Examples of the Sumanguru bala episode include S. J. Kouyate (1990-per), Fa-Digi Sisoko (in Johnson 1986: 148 -50), Kele Monson Diabate (in Moser 1974: 279- 82), Cissé and Kamissoko (1988: 165), Niane (1965:38-40), and L. Camara (1980: 173-76). Caution should be taken with Gambian sources for bala history, such as Dembo Kanute (in Innes 1974:271-73) and his younger brother Banna Kanute (in Innes 1974: 136, 173-213), since the instrument is not a major part of Gambian traditions. Banna Kanute was Jones's (1964) Mandinka informants for his problematic book on lndonesian influence on African xylophones.

p. 146

The deepest expressions of jeliya are bound up in the fasa—from fa (father) siya (lineage, rage)—a praise song, or collection of souns, often of epic proportions, covering someone’s lineage and deeds. The most widespread of all is Sunjata fasa, the epic recounting of the founding of the Mali empire, which can have any number of musical changes within it.

pp. 146-47

Instrumental recordings of jelis without vocalists are not common, but the number is growing. . . . well-known examples of instrumental music are the solo koni and duo kora renditions of Sunjata and Tutu Jara, respectively, that precede the news broadcasts on Radio Mali several times daily, and the solo kora rendition of Jula faso that is the signature tune for Radio Gambia.

p. 148

Image not available.

p. 150

Many of the pieces associated with old Mali are believed to come from the bala (such as Boloba, Sunjata, and Lamban), but one piece, Kele ye Manding ci (War has brought down the Mande), may come from the koni, according to Xasonka koni player Moussa Kouyate.

p. 151

I call one such set the Sunjata complex, not to be confused with the set of pieces that can be performed during a rendition of Sunjata Fasa (the Sunjata epic). The pieces Sunjata, Lamban, and Boloba all have similar harmonic progression (transcription 13), yet they differ enough in their realizations so that they are not spoken of as musically related.

p. 152

The bala is one of the most potent symbols of Mande identity, as is the body of music associated with it surrounding the early formation of the empire. That music is exemplified in three musically related pieces that make up what I call the Sunjata complex: Sunjata fasa, a series of praise songs and narratives that recount the history of the Mali empire; Boloba (called Kura in the Gambia), dedicated to Sumanguru Kante; and Lamban, created by the Kouyate jelis as a celebration of being a jeli. During a performance of Sunjata fasa a number of distinct songs praising Sunjata may be incorporated, including Nyama nyama nyama, I bara kala ta, and Subaa ni mansaya. Songs praising other figures in the epic might be incorporated, such as Janjon, Boloba, and Tiramakan. Boloba and Lamban hold unique places in the jeli's repertory. Boloba is the only piece in any genre of Mande music in which the beats consist of five pulses each rather than the usual two, three, or four pulses (transcription 14).

p. 153

Like Sunjata in Mali, Keme Burema has been recorded by modern orchestras . . .

83. For Maninka transcriptions and English or French translations of some of the songs in Sunjata fasa see Kele Monson Diabate (in Moser 1974:257, 266, 289, 321) and Lansine Diabate (in Jansen, Duintjer, and Tamboura 1995:149, 157). See chapter 1 for further discussion of the significance of Sunjata in the Mande repertory . . .

p. 156

Chedo, like Sunjata, has also been adapted by popular singers . . .

pp. 184-87

(See Charry, 2000.) (Bala transcriptions, comparison of Boloba, Sunjata and Lamban.)

Transcription 13 is a comparative view of three of the oldest pieces believed to come from the bala: Boloba, Sunjata, and Lamban (see their descriptions above). I refer to these three pieces as the sunjata complex because they are all associated with the era of Sunjata, and they share a simliar harmonic scheme.

p. 249

The earliest nonstudio recordings of Mande music played on a guitar may be those made by Arthur S. Alberts in Kissidougou, Guinea, in 1949 . . . These recordings demonstrate that a Mande guitar style had developed by then and was well integrated into the jeli tradition. They show a broad knowledge of the repertory of the jeli, including Lamban, Sakodugu, Sunjata, and Nanfulen. One of the guitarists often sang along with his guitar lines and appears to have been the leader of the group, which also inc1uded a female singer.11

11. Several older musicians from Kissidougou, Kankan, and Siguiri whom I interviewed could not identify the guitarist or vocalist recorded by Alberts in Kissidougou, but they noted that the singer was young and inexperienced. They also recognized the vocal dialect as probably coming from Siguiri.

p. 272

The twenty-seven-minute album-length version of Sunjata recorded in Nigeria in 1975 featuring the singing and speaking of Mory Kante and guitar playing of Djeli Mady Tounkara is a classic (Rail Band 1975/n.d.-disc).

p. 276

In the mid-1970s the orchestra [Las Maravillas de Mali] was renamed National Badema, and it too recorded an album-length forty-three-minute version of Sunjata with [Kasse Mady] Diabate singing and Mama Sissokho playing the guitar.33

p. 283

In Mali the epic Sunjata, a part of which is the national anthem, has been recorded by the three major male vocal stars of the Bamako bands in major extended renditions: Salif Keita (Rail Band 1972/n.d.-disc); Mory Kante (Rail Band 1975n.d.-disc); and Kasse Mady Diabate (National Badema 1977-disc).

p. 285

In Guinea, Sunjata, Tutu Jara, and Lamban hardly figure in the modern orchestra repertories.

p. 290

In F tuning (transcription 27, Taara 2) the bass E string is tuned up to F and the B string up to C. This may be the most popular tuning among present-day Malian guitarists. F major mode pieces that exploit the natural fourth degree (B-ftat), such as Lamban and Taara, as well as F Lydian mode pieces exploiting the sharp fourth degree (B), such as Tutu Jara, may be played in F tuning.48

p. 313

The significance of the word fasa, still vivid in Mali, may have been lost among Gambian Mandinka. Fasa is most commonly used in a musical context to refer to the rendition of a collection of stories and praise songs associated with Sunjata. Sunjata fasa, therefore, could refer to a lengthy rendition of the Sunjata epic that could include many related pieces of music, such as praise songs for Sunjata himself and for any number of other important figures who are part of the epic.

pp. 398-401 (Appendix C: Recordings of Traditional and Modern Pieces in Mande Repertories)

Bala: Sunjata

Ensemble Instrumental [Africain] de la Radiodiffusion Nationale (1970)
Keletigui et Ses Tambourinis (Guinea Compilations 1970)
Sira Mori Diabate (Tirimagan, Ministry of Information of Mali 1971, vol. 1)
Yamourou Diabate (Ministry of Information of Mali 1971, vol. 1)
Sidiki Diabate and Batrou Sekou Kouyate ([Ministry of Information of Mali 1971,vol. 5] Musiques du Mali 1995a)
Bazoumana Sissoko (1971a)
Kele Monson Diabate (n.d.)
Rail Band with Salif Keita ([1970] n.d., 1976a, 1976c)
Rail Band with Mory Kante ([1977] n.d.)
Foday Musa Suso (1972)
National Badema (Tiramakan, 1983a)
Cheikh M. Smith (1992)
Kouyate Family of Niagassola (Toureille 1992)
Diabate Family of Kela (Tiramakan, 1994)
Keletigui Diabate 1996
Kandia Kouyate (Mandenkalou, 1999)

Fula Flute. 2002. Fula Flute. Blue Monster.

(Soundiata)

In the thirteenth century was born a handicapped prince. His legs were atrophied. One day the sorcerer Soumaworo Kante invaded their land and killed his father, the King. When Soumaworo saw Soundiata, he laughed: "Never this cripple will be able to avenge this murder!" So he let him live. Many years passed. One day when Soundiata was a young man, his mother lamented that she had to do everything, that her son was useless, she was so miserable carrying both their weights on her shoulders. Soundiata said: "Today I will get you the fruits from the great baobab tree." His mother laughed: "How will you do that?" So Soundiata crawled to the baobab, got up on his legs using two iron bars and uprooted the mighty tree. He went to war and delivered the land from the tyrant. He founded the Mandeng Empire, which lasted for centuries and cast its enlightened reign over the people of West Africa, the echoes of which still resonate to this day… in this music in particular.

Bangoura, Fode Seydou. 2005. Fakoly 1.

(Soundiata)

This is one of the most important songs in the traditional Manding repertoire, celebrating the life and accomplishments of the great Mandingo ruler Soundiata Keita. Fodé honors his parents with his arrangement of this traditional song and pays tribute to the lives of his brother and father.

Jobarteh, Dembo. 2005. Gambia Banko. CD Baby.

(Sundiata)

This song dates back to the 14th century. It's about Sundiata Keita, who founded the empire of Mali.

see also:

Austen, Ralph A. 1999. In Search of Sunjata: The Mande Epic as History, Literature and Performance. Bloomington: Indiana University Press.

Bird, Charles S. 1972. "Heroic Songs of the Mande Hunters." In African Folklore, ed. Richard Dorson, 275-93, 443-8. Bloomington: Indiana University.

Bulman, Stephen P. D. 1997. "A Checklist of Published Versions of the Sunjata Epic." History in Africa, vol. 24, pp. 71-94.

Cissé, Youssouf Tata and Wa Kamissoko. 1991. Soundjata: la gloire du Mali. La grande geste du Mali: des origines à la fondation de l'empire, Vol. 2. Paris: Karthala.

Conrad, David C., trans. and ed., and Djanka Tassey Condé. 2004. Sunjata: A West African Epic of the Mande Peoples. Indianapolis/Cambridge: Hackett Publishing, Inc.

Diabaté, Massa Makan. 1975. L'Aigle et l'épervier ou la geste du Sunjata. Paris: Pierre Jean Oswald.

Innes, Gordon. 1974. Sunjata: Three Mandinka Versions. London: SOAS.

Jansen, Jan. 2001. "The Sunjata Epic: The Ultimate Version." Research in African Literatures 32 (1): 14–46.

Johnson, John William. 1986. The Epic of Son-Jara: A West African Tradition. Bloomington: Indiana University Press.

Niane, Djibril Tamsir. 1965. Sundiata, an Epic of Old Mali. Trans. G. D. Pickett. Reprinted Essex: Longman, 1986. Originally published as Soundjata, ou L'épopée mandingue, 1960.

Rouget, Gilbert, prod. 1999. Guinée: Musique des Malinké. Le Chant du Monde/Harmonia Mundi, CNR 2741112. Reissue of all Guinean material from 1954 and 1972 with expanded notes.

Suso, Bamba and Banna Kanute. 1999. Sunjata. Translated and annotated by Gordon Innes with the assistance of Bakari Sidibe. Edited, with a new introduction and additional notes by Lucy Durán and Graham Furniss. Penguin Books. Original Edition, Gordon Innes. Sunjata: Three Mandinka Versions. London: School of Oriental and African Studies, 1974.